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Read on line the updates of my historic novel The Robillard Boutique, fandom of Gone with the Wind (in English, click on top)

 

 

 

Lisez en ligne mon roman historique, dans l'Amérique de 1876 : La Boutique Robillard, ma suite d'Autant en Emporte le Vent (en français)

Publié par Arlette Dambron

Charleston, 2 janvier 1875

 

Aymeric Vayton, grand propriétaire terrain et sommité de la bonne société de Charleston, venait de mourir d’une crise cardiaque.

Le retour de Duncan dans son berceau natal fut brutal. La sérénité qui avait protégé la Plantation Soft South était brisée. Il s’empressa de réconforter sa mère et sa sœur de la perte douloureuse du patriarche.

Les obsèques avaient eu lieu le mois dernier pendant son absence. Il demanda à ce qu’une cérémonie du souvenir soit rendue à son retour. La Communauté de Charleston, les planteurs du vieux Sud, les hommes d’affaires sudistes et yankees réunis ensemble pour l’occasion, et tant d’inconnus, tous se joignirent à cet hommage posthume. Cette reconnaissance fit chaud au cœur aux trois endeuillés.

Duncan avait toujours été le bon fils dont son père avait plaisir à vanter les mérites. En son honneur, le Maître de Soft South avait rebaptisé son empire Vayton Ltd en Vayton & Son Ltd, pressé de voir son héritier lui succéder.

Avec une pointe de remord, le jeune homme était conscient de l’avoir déçu au moins dans un domaine : sa reluctance à se marier n’avait pas permis à Aymeric d’être assuré de la descendance de la branche Vayton.

A présent héritier de la plus importante plantation de Caroline du Sud et à la tête d’une des plus grandes fortunes des Etats-Unis d’Amérique, le jeune industriel allait devoir affronter, lui aussi, les marasmes de la récession économique qui s’abattait comme un gros nuage noir.

Panique financière, Fourth National Bank, au 20 Nassau Street, New York, 1873. Frank Leslie's Illustrated Newspaper, October 4th 1873. (Source Wikipedia)

Panique financière, Fourth National Bank, au 20 Nassau Street, New York, 1873. Frank Leslie's Illustrated Newspaper, October 4th 1873. (Source Wikipedia)

Fort heureusement, Aymeric Vayton avait été un habile gestionnaire. Il avait sécurisé sa fortune en lingots d’or et n’avait pas effectué de placements spéculatifs dans des sociétés par actions à l’essor exponentiel suspect. Par conséquent, il ne fut pas affecté par le Coinage Act.

La première préoccupation du fils de planteur fut l’avenir de la plantation de coton familiale qui s’étendait sur des miles et des miles le long de la Stono River.

La chute de la production avait été faramineuse, de 1861 à 1866 – lorsque l’on avait eu la chance, comme à Soft South, que son domaine n’ait pas été incendié et les cotonniers saccagés par les Yankees pendant la guerre. Aymeric Vayton avait tenu bon. En 1868, le nombre de balles sortant de ses entrepôts avait retrouvé le niveau d’avant-guerre, comme pour les autres grandes exploitations.(*1) La plantation pouvait continuer à prospérer au bord de la Stono River. 

Charleston, en 1820 - Déchargement du coton au bord de l'Exchange, par John Stobart (source scrimshawgallery)

Charleston, en 1820 - Déchargement du coton au bord de l'Exchange, par John Stobart (source scrimshawgallery)

A la fin de la guerre, la richesse d'Aymeric Vayton avait fondu en partie car, comme beaucoup de Charlestoniens, il avait généreusement versé des fonds à la Cause et à l'Armée Confédérée.

Très rapidement pourtant, le propriétaire terrien Vayton repris "des couleurs" et diversifia sa fortune. Au fil des années, d’immenses terrains situés dans les Etats sudistes les plus dynamiques étaient devenus propriétés de la plus vieille famille de Charleston. Aymeric avait porté son dévolu sur des terres agricoles judicieusement irriguées, certaines fertiles pour les rizières, d’autres pour le coton ou le blé.

Aymeric Vayton eut du flair lorsqu’il décida de planter des indigotiers à perte de vue. Il s’inspirait en cela du succès fulgurant qu’avait rencontré la famille Coffin en s’installant à Beauford. Les Coffin étaient devenus les plus importants producteurs d’indigo, non seulement pour la Caroline du Sud, mais aussi pour le Sud. (*2) Le Charlestonien n’avait pas l’ambition de les concurrencer, mais le profit qu’il tira de cette nouvelle production lui fit dire que son pari avait été gagnant.

En parcourant les archives notariales, Duncan n’en crut pas ses yeux en découvrant l’existence de ces champs étendus d’indigotiers.

Père, vous m’avez légué un « trésor de guerre ! L’indigo ! Voilà ce qui va devenir la « griffe » de La Mode Duncan.

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Récolte de l'ndigo à St Stephens Parish, Caroline du Sud - source : Charleston County Public Library, Indigo in the fabric of Early South Carolina

Récolte de l'ndigo à St Stephens Parish, Caroline du Sud - source : Charleston County Public Library, Indigo in the fabric of Early South Carolina

Après 1865, Aymeric Vayton choisit d’orienter son expansion dans l’immobilier en investissant dans l’acquisition d’anciennes bâtisses, privilégiant les demeures coloniales de planteurs et les hôtels particuliers antebellum des centres historiques de Charleston, Savannah ou New Orleans. Toutes avaient subi quelques dégradations pendant la guerre et avaient été achetées à très bas prix.

Faisant le pari de la demande d’un retour à l’authenticité, il s’était entouré d’une solide équipe d’architectes restaurateurs, maçons, ferronniers, peintres, menuisiers et décorateurs qui tous prônaient la qualité du travail artisanal et le respect de l’élégance sudiste.

Assurément, la valeur ajoutée générée par l’embellissement de ces maisons de maître de bonne facture allait encore plus pérenniser les capitaux de l’héritier Vayton, même si l’heure n’était pas favorable à la revente de biens immobiliers. Mais Vayton & Son Limited pouvait se permettre de mettre ses investissements en « sommeil », dans l’attente d’une reprise économique.

En découvrant l’ampleur des propriétés foncières de Vayton & Son Ltd, Duncan eut une idée : Il y a au moins trois maisons restaurées qui seront très utiles pour « La Mode Duncan » !

Satisfait de l’infrastructure de l’entreprise créé par son père, Duncan eut la sagesse de conserver ses équipes en place, renouvelant les postes de quelques hommes-clés afin d’apporter sang neuf et dynamisme à Vayton & Son Limited.

Le choix de sauvegarder et restaurer l’héritage historique et architectural du Vieux Sud finit à certifier l’image de respectabilité et de générosité de la famille Vayton.

ooo

Dans le même esprit, la récession et la pauvreté qui commençaient à flamber décidèrent Duncan à inscrire l’action familiale future dans cette lignée de bienfaisance. Au lendemain de la cérémonie d’hommage à son père, il s’entretint avec Cathleen et Melina à ce sujet.

« Mère, Melina, j’aimerais vous confier ma préoccupation. Notre famille se doit d’être présente pour alléger la souffrance qui commence à se manifester auprès de tous ces braves Charlestoniens venant de perdre leur emploi. La misère va s’accentuer tout au long de l’année, probablement pour les deux ou trois années suivantes. Le krach financier va engendrer la faillite en cascades de bons nombres d’industries et commerces. Comment faire pour aider les pauvres employés qui vont se retrouver sans travail ni ressources ? »

Eloge de la solidarité, suite au krach financier de 1873, "Sortir des ruines", Harpers Weekly Newspaper

Eloge de la solidarité, suite au krach financier de 1873, "Sortir des ruines", Harpers Weekly Newspaper

« Je suis émue par ton initiative, qui ne m’étonne pas d’ailleurs, mon cher fils. Tu as un grand cœur, comme ta sœur. Il faudrait d’abord créer une fondation qui structurera nos bonnes actions.»

«Nous allons la baptiser du nom de Père, bien sûr !» dit Melina d’un air enthousiaste. « Aymeric Vayton Charity’s Foundation». Qu’en pensez-vous ? »

 « Très bien ! Ton père en serait fier. Je vais inviter mes amies du Cercle de broderie et celles des Amies de la Littérature afin que nous partagions nos idées. Il est vrai que les initiatives de bienfaisance de la bonne société de Charleston sont disparates. Elles ont besoin d’être regroupées. Notre fondation les réunira et coordonnera leurs actions. »

«Mère, il faudrait que l’on puisse identifier le plus rapidement possible les nécessiteux qui sont dans l’urgence, ceux qui n’ont plus de quoi se nourrir. Pourriez-vous vous enquérir auprès des prêtres et pasteurs des paroisses avoisinantes ? Je pense que ces indications seront précieuses et nous permettront d’organiser une distribution de repas dans les plus brefs délais.» 

Melina applaudit. « La tâche va être rude. Mais je suis si fière d’appartenir à une famille qui veut faire du bien autour d’elle. »

«Voilà qui est entendu. Mère et Melina, vous prendrez la direction de la fondation. Avec des conseillers, bien sûr. Nous allons décider d’un budget annuel. A vous de répartir les fonds en fonction de l’urgence. Pour ma part, je serai malheureusement trop occupé par la manufacture de tissage et la création de mon atelier de couture.»

ooo

Avant de vaquer à ses occupations, Duncan ajouta : « J’ai une autre suggestion à vous soumettre. Maintenant que Père est parti, il serait triste pour vous deux de vivre isolées dans la plantation de Soft South. Mon atelier de couture va avoir son siège à Charleston, et je viens d’y acheter une belle maison avec un grand jardin. Je serai vraiment ravi que vous veniez emménager avec moi. Me ferez-vous cet honneur ?»

« C’est une grande nouvelle, mon fils. Il est vrai que j’ai tellement de bons souvenirs dans notre belle demeure coloniale. Elle est hantée de vos éclats de rire d’enfants, à vous deux. Cela va m’attrister de la quitter. Je dois admettre pourtant que continuer à y vivre sans mon époux serait trop pénible. »

« Mère, nous profiterons des fortes chaleurs de l’été à Charleston pour nous ressourcer en famille dans ce paradis qu’est notre cher Soft South. Alors, ne soyez pas trop mélancolique. Quel plaisir ce sera pour vous d’être proche des membres de vos cercles de bienfaisance ! Et le fait de vous avoir toutes les deux près de moi me permettra de vous gâter en invitations au restaurant et au théâtre, après notre période de deuil, bien sûr.»

«Tu as raison, Duncan. Je suis très heureuse de cette décision. Je sais que Melina est déjà folle de joie à la perspective de pouvoir habiter près de ses amies. N’est-ce pas ?» Le regard réjouit de sa fille ne lui laissa aucun doute. « As-tu déjà sélectionné une propriété disponible dans la vieille ville ? »

Le sourire enjôleur de Duncan éclata : «Eh bien, oui, j’ai trouvé la perle rare ! A la Battery, une grande maison de trois étages parfaitement restaurée, avec tout le confort, de longues piazzas, et des magnolias. Bref, le bonheur pour nous trois ! Ce boulevard est un havre de paix, et je présume que beaucoup de vos connaissances y ont élu demeure.»

« Ah ! J’allais oublier. Le bâtiment est voisin de celui d’une de vos amies, Mère. Je crois me rappeler que vous m’avez parlé d’elle. Une certaine Butler. Oui, je m’en souviens maintenant, il s’agit de Madame Eleonor Butler. »

ooooOOoooo

 

Notes de fin de chapitre

(*1) Mes sources d’information sur l’économie du coton et les filatures textiles aux USA en 1870 sont appuyées sur la thèse de Louis Reybaud éditée en 1870, « L’Industrie et les Ouvriers du Coton aux États-Unis depuis la guerre de sécession », Revue des Deux Mondes, 2e période, tome 90, 1870.

(*2) Culture de l’indigo en Caroline du Sud au XIXe siècle : Beauford (source Wikipédia).

Indigo in the Fabric of Early South Carolina, Charleston County Public Library, https://www.ccpl.org/charleston-time-machine/indigo-fabric-early-south-carolina

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Auteur : Arlette Dambron

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Commentaires des lecteurs de fanfiction.net et de archiveonourown.org sur le chapitre 5

Commentaire Aet… chapitre 5 . Mar 27 - C'était intéressant pour l'indigo. J'ai enseigné une unité sur les teintures et les pigments dans le cadre d'un cours de chimie. Je pensais que la culture de l'indigo avait disparu au début des années 1800 parce que des méthodes synthétiques plus efficaces avaient été trouvées. Il existe une série dans laquelle plusieurs historiens vont vivre à différentes époques en Grande-Bretagne. Il y en a une sur un château français, et dans l'un des épisodes, ils récoltent du wode et le transforment en teinture bleue. C'est en fait assez étonnant de voir les efforts que les humains font pour que leurs maisons et leurs vêtements ne soient pas que des nuances de brun.

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Commentaire Ali… chapitre 5 . 26 mars - En plus de Scarlett qui rencontre Duncan, j'ai hâte que Rhett et Duncan se rencontrent. Ça va être explosif.

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Commentaire guest Chapitre 5 . Mar 26 - J'aime que vous me renseigniez sur des choses auxquelles je n'ai jamais pensé. J'aime le fait qu'ils vont vivre à côté de chez les Butler.

Relisez le chapitre 1 de La Boutique Robillard : Le Divorce

Nouvelle fin à Autant en Emporte le Vent : Rhett Butler divorce
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