Chapitre 17. 21 février, 16h, 5 East Battery, Le goûter de Scarlett, ma suite d'Autant en Emporte le Vent
Le même jour, 21 février 1876, 16 heures, 5 East Battery, Charleston, Magnolias’ Mansion
Quelques dizaines de mètres seulement séparaient les deux propriétés Vayton. Scarlett profita de ce bref intermède pour faire le bilan de ces trois jours passés à Charleston.
Lorsqu’elle était sortie de la gare à son arrivée, elle avait demandé au chauffeur de faire une halte devant une bâtisse aux lignes froides. Son passage fut bref. Puis il y eut l’accueil pincé de ses tantes, probablement pas très satisfaites que leur nièce héritât de la fortune de leur père pour ne leur laisser que la portion congrue. Enfin, il y eut cette rencontre providentielle avec Duncan Vayton – Un personnage….
En arrivant devant la Magnolias’ Mansion, Scarlett admira la belle demeure charlestonienne avec ses trois niveaux de piazzas, et nota, en un clin d’œil, la vaste surface du jardin y attenant.
Décidément, l’opulence de la famille Vayton se reflète dans ces deux véritables palaces sur le front de la Battery si convoité !
La Battery, c’est ici également qu’Eleonor Butler habitait. De quel côté ? Proche du siège de « La Mode Duncan » ou alors du domicile des Vayton ? Elle n’en avait aucune idée.
Pendant leurs six années de mariage, Rhett n’avait même pas pensé à lui spécifier l’adresse exacte du domicile de sa mère.
Caroline du Sud, Charleston, villas en front de mer 1890 - La première maison au N°5 est celle de Duncan, la Magnolias Mansion ; celle à côté au n°9 appartient à Rhett Butler - En réalité, la Palmer House et la Roper House - source Library of Congress
Il n’avait jamais manifesté le désir de l’emmener avec lui à Charleston lors d’un déplacement. Ou alors, elle ne s’en souvenait pas. Aucune présentation officielle à sa famille. Il avait fallu que leur précieuse Bonnie disparaisse pour qu’enfin Eleonor Butler daigne la rencontrer à Atlanta !
Il a voulu me cacher, comme si une O’Hara n’appartenait pas au même rang social qu’un Butler. Ou alors avait-il peur d’afficher ce qu’il avait brillamment contribué à détruire : ma respectabilité. Qu’importe ! Cela n’a plus d’importance.
Au tréfonds d’elle, une petite voix se demanda si son ancien mari était à Charleston actuellement, peut-être à quelques mètres d’elle….
ooo
Le buggy s’arrêta dans la cour de la propriété. Duncan en descendit prestement pour la rejoindre.
« Me permettez-vous ? » lui demanda-t-il. « Dieu ! Que son regard est doux ! » pensa Scarlett.
Scarlett O'Hara descendant du buggy - Gravure de Louis Icart pour le roman La Dame aux Camélias d'Alexandre Dumas.
Sans attendre, il lui prit une main pour qu’elle se relève. De l’autre, il lui enserra la taille pour la soulever et la déposer délicatement sur le sol. Ses doigts restèrent quelques secondes de trop autour d’elle. Scarlett se dégagea en souriant.
Ils pénètrent dans la maison par la porte latérale. La grandeur du hall l’impressionna.
« Mon bureau est au premier étage. » Ils s’engagèrent dans l’escalier.
La pièce était grande et illuminée par deux portes fenêtres donnant sur la piazza. Scarlett ne s’appesantit pas sur la décoration. La journée avait été longue, et elle avait hâte maintenant d’achever sa commande de stock.
Il lui fit prendre place sur le siège faisant face à sa table de travail et trouva facilement le catalogue du grossiste français rangé dans un tiroir.
Scarlett le parcourut brièvement, admirant la reproduction des petites gravures illustrant les articles les plus attractifs.
« Le tarif est exclusivement destiné aux marchands. Cet Etablissement accorde à La Mode Duncan Paris une remise de 10 %. Puisque je passerai votre commande en mon nom, vous en bénéficierez automatiquement.
La femme d’affaires d’Atlanta eut un joli mouvement de tête et le remercia de ce geste commercial.
« Malheureusement, les prix sont en francs français. Le taux de conversion est compliqué car il est établi sur le cours de l’or. La base est de 2,06 francs pour 1 dollar. (*1). Je serai heureux de vous assister pour faire la conversion, pendant que vous ferez votre sélection. »
Son offre semblait sincère, sans arrière-pensée d’une quelconque présomption de faiblesse intellectuelle.
Scarlett eut une petite moue ironique. « Duncan, voici un aspect de moi que vous ne connaissez pas encore. Les chiffres sont ma passion. Dresser la comptabilité de mes entreprises est une thérapie pour m’apaiser. Cela va vous paraître peu féminin, je le crains. »
Duncan la regardait fixement. « Vous, peu féminine ? Scarlett… » Et il s’arrêta, incapable de cacher son trouble.
La jeune femme apprécia. Comme ce jeu de chat et de la souris était amusant !
« Je vais vous laisser quelques instants sélectionner les articles qui vous intéressent. Voici un carnet et un crayon pour que vous preniez note. Pendant ce temps, je vais avertir ma mère de votre présence afin que nous puissions prendre le thé ensemble – ou plutôt le café que vous préférez.»
Il la laissa et ouvrit la porte sur sa droite donnant sur le boudoir situé au même étage. Melina et Cathleen s’y trouvaient. Il les embrassa affectueusement sur la joue.
« Mère, je sais que vous êtes sur le point de prendre votre collation. Pourriez-vous avertir Netty de préparer des mignardises supplémentaires et du café ? Je reçois dans mon bureau une cliente que j’aimerais vous faire rencontrer. »
Il n’en dit pas plus. Son intonation s’était faite plus traînante sur la dernière phrase.
Les deux femmes se regardèrent et marquèrent leur surprise. Cathleen acquiesça et s’enquit prévenir la cuisinière. Elle était intriguée. C’était bien la première fois que son fils invitait une de ses relations professionnelles à partager la cérémonie familiale du goûter. Puis elle repensa aux couvertures que Duncan avait emportées avec lui le matin même, « afin que sa cliente ne prenne pas froid pendant le voyage vers la filature ».
Elle était curieuse de découvrir le sujet de tant d’égards !
Duncan revint dans son bureau. Sur la table s’étalaient deux feuilles, l’une avec des calculs griffonnés, l’autre avec une liste annotée. Scarlett finissait de la remplir.
Il ne fit aucun bruit, de peur de la déconcentrer. Pour lui, Scarlett O’Hara était un caméléon, passant de la femme-enfant s’émerveillant de nouvelles robes, à l’entrepreneuse absorbant les techniques à peine découvertes, en passant par la gestionnaire pratique jonglant entre conversions de taux, remises et marges bénéficiaires, jusqu’à cette incarnation fatale de la féminité par un simple battement de cil ou un mouvement de hanches. Quant à l’érotisme qui émanait de tous ses pores… Duncan agrippa fortement le dossier de la chaise de Scarlett afin de refreiner l’envie de la toucher.
« Avez-vous trouvé ce qui pourrait convenir à votre magasin ? »
Scarlett se retourna vers lui : « Parfaitement. Leurs articles correspondent en tous points à la ligne que je veux adopter pour The Boutique Robillard.
Elle lui soumit le détail de sa commande. Elle y avait inclus les références, la quantité voulue par article, le prix en francs, la correspondance en dollar avec remise déduite.
«Voici le montant total de ce que je veux acheter. Demain matin, avant de partir pour la gare, je vais me rendre à l’agence de ma banque afin de virer sur votre compte la somme correspondante. J’ajouterai une centaine de francs supplémentaires pour combler les éventuelles variations de taux de change. J’aimerais également que vous m’indiquiez le coût du transport. Je tiens à partager les frais puisque vous allez grouper mes articles dans vos caisses. Avez-vous un ordre d’idée des frais de douane à acquitter ? »
«Scarlett, il n’est pas question que vous payiez le fret. Acceptez mon offre comme un geste commercial. Je suis satisfait que vous choisissiez des accessoires de qualité pour accompagner ma ligne de prêt-à-porter et les vêtements élégants de Johnson Ready-to-Wear. N’ajoutez pas un surplus au montant de la commande. Lorsque votre caisse sera livrée, je vous ferai connaître les frais réels de douane. »
Il ajouta : « Mon but est de faciliter l’ouverture de votre magasin, dans de bonnes conditions. Dès demain matin, je vais envoyer votre ordre d’achat par plusieurs télégrammes, si nécessaire. Mon associé Roger Dax réglera directement vos achats au fournisseur parisien pour en prendre possession et les conditionner dans des caisses appropriées. Comme vous le constatez, la procédure sera rapidement menée ! »
« Soit ! Vous ai-je déjà félicité pour votre faculté à aplanir la moindre difficulté ? Voilà donc ce qu’il me faut : d’abord des éventails à la monture en ivoire et à la feuille délicatement peinte. J’ai hésité, je vous l’avoue, à opter pour des montures en os, nettement moins chères à l’achat, et difficiles à différencier de celles en ivoire. Mais, puisque j’ai l’honneur de devenir représentante de votre sublime ligne de robes, je me dois de ne vendre que de la haute qualité, même en accessoires. Vous êtes d’accord avec moi, n’est-ce pas ? »
Duncan donna son assentiment par un hochement de tête et un beau sourire.
« Il y a une quinzaine d’ombrelles en dentelles avec le manche en acajou ou en buis gravé, indispensables sous notre climat étouffant d’Atlanta. Deux ou trois parapluies, pas plus, pour tester, car je pense qu’ils ne se démarqueront pas assez de ceux produits en Amérique. Et des chapeaux fabriqués à Paris, bien sûr. » Scarlett s’interrompit. Elle pensa à celui qu’elle avait laissé en bas dans le hall.
«J’ai inclus une série de foulards en soie imprimée. Les châles en laine ne m’intéressent pas car ils figurent dans tous les magasins ici. J’ai choisi un ensemble de gants de soie et mitaines en fine dentelle de Calais. Il y a aussi de jolis réticules en perles, des pochettes de bal incrustées et quelques bourses en cuir. J’allais oublier, le plus important pour les couturières : des bobines de fil en soie et en coton finement tressé, des boutons en nacre dont la gravure d’illustration me donnerait envie de les porter en collier, et des rubans, des mètres et des mètres de rubans en soie, en dentelle et en velours. Comme je me réjouis d’en devenir la première utilisatrice ! »
« Enfin, les accessoires de coiffure, des épingles à chapeaux à la tête en nacre, bronze, corail ou pierre colorée. Sans oublier les indispensables épingles à cheveux. » Scarlett semblait dérouler sa liste de vœux des cadeaux dont elle rêvait, tant elle était enthousiaste.
«Si vous saviez combien, pendant la guerre, ces minuscules accessoires manquaient aux dames ! Heureusement, j’avais un ami briseur de blocus qui ne manquait jamais d’en amener pour moi et notre cercle de société à Atlanta. » Elle s’interrompit. Son regard se porta au loin.
Duncan eut un flash, pensa à son voisin Butler, lui aussi briseur de blocus. Il avait dû en impressionner des dames en leur offrant ces babioles qui étaient introuvables pendant la guerre !
A qui rêvait-elle en ce moment ? A cet aventurier qui avait croisé sa route ? Une flambée de jalousie lui fit avaler sa salive difficilement, tant sa gorge était nouée.
Scarlett remit sa commande sur le bureau, satisfaite de son choix d’articles parisiens, à un prix qui lui permettrait de dégager des marges bénéficiaires intéressantes.
« Ah ! J’allais oublier les accessoires les plus utiles pour moi : des miroirs de poche et des brosses à cheveux en poil de sanglier, aux manches en argent, en ivoire ou laiton gravé. »
Scarlett fixa le beau couturier d’un air entendu : « Je vais vous confier un secret. Peut-être est-il trop personnel, mais... »
Duncan essaya de calmer sa respiration. Les frivolités qu’elle avait sélectionnées pour son entreprise devaient être semblables à celles qu’elle utilisait dans sa vie intime et dans sa chambre à coucher.
« Mes cheveux sont tellement récalcitrants après avoir été emprisonnés dans la journée par un chignon que je dois passer des heures à les démêler. Seules les brosses montées d’un crin spécifique sont capables de les dompter.»
Elle lui adressa un regard malicieux. « Peut-être ne devrais-je pas révéler cette anecdote alors que nous nous connaissons seulement depuis vingt-quatre heures. Mais je ne peux renoncer à vous dévoiler ma petite marotte, celle de m’astreindre à passer la brosse cent fois jusqu’à ce que mes cheveux défrisés demandent grâce ! N’est-ce pas ridicule ? » Elle rit de bon cœur.
Le jeune homme n’osait plus la regarder dans les yeux, tant l’érotisme qui se dégageait de ses paroles et des images induites affectait une partie spécifique de son corps.
Presque à voix basse, il murmura : «Je rêverais d’être celui qui aurait l’honneur de faire crépiter votre chevelure sous ses doigts.»
Le silence s’abattit entre eux.
Duncan regretta de s’être livré si honnêtement, sans garde-fou.
Scarlett sentit que l’atmosphère devenait décidément trop intime. «Cette journée a été enrichissante et très agréable. Mais il va falloir que je prenne congé maintenant. »
« S’il vous plait, Scarlett ! Acceptez-vous de prendre le thé avec nous ? Ma mère et ma sœur sont impatientes de faire la connaissance d’une jeune femme d’affaires. Elles n’en ont certes pas l’habitude, elles-mêmes. »
En signe d’assentiment, elle le suivit.
La porte du salon s’ouvrit devant Scarlett. Elle apprécia d’un coup d’œil l’harmonie des courbes des fenêtres frontales et les couleurs chatoyantes des murs. Pour la première fois, elle pouvait admirer la fameuse tapisserie d’Aubusson dont elle avait tant entendu parler dans les magazines, et qui recouvrait les sièges de personnages galants entourés de guirlandes de fleurs.
Une longue méridienne invitait à la relaxation. Un piano à queue occupait un pan de mur.
Scarlett adressa son regard le plus chaleureux à la dame à la mine aimable qui s’avançait vers elle, et à la jeune fille, probablement la sœur de Duncan, qui écarquillait les yeux de surprise.
« Scarlett, je suis heureux que vous rencontriez ma mère, Cathleen Vayton. Et voici ma petite sœur Melina. »
Puis il regarda Cathleen : « Mère, j’ai le plaisir de vous présenter Madame Scarlett O’Hara. Vous avez devant vous la plus brillante femme d’affaires d’Atlanta. »
Celle-ci accepta le compliment avec ravissement.
Cathleen pria la Georgienne de s’asseoir dans un fauteuil cabriolet. Elle choisit sa bergère préférée placée en face de la visiteuse. Duncan s’assit un peu en retrait, de façon à être témoin de leurs échanges.
Au premier regard, la Veuve Vayton jaugea le pouvoir de séduction de la jeune femme. Elle regarda du coin de l’œil son fils, et elle ne le reconnut pas ! Le séducteur sûr de lui à l’allure nonchalante s’était transformé en jeune homme nerveux au geste timide. Il ne quittait pas Madame O’Hara du regard.
Scarlett remercia son hôte de la recevoir et se dit charmée par la Magnolias’ Mansion.
« Oui, mon fils a eu la main heureuse en nous faisant vivre dans ce petit paradis. Atlanta est une belle ville également. J’ai eu l’occasion, il y a longtemps, de la visiter. »
Scarlett était toujours prête à promouvoir sa ville. «La cité a beaucoup changé ces dernières années. Après la guerre, tant de nouveaux bâtiments ont été construits ! »
Duncan intervint : «Scarlett a grandement contribué à son expansion, Mère. C’est le bois de ses scieries qui a permis l’édification de nombre de maisons. »
Cathleen sentit de la fierté dans son ton. S’adressant à la jeune femme : «Vous dirigez des scieries ? Comme c’est courageux de votre part. »
Celle-ci sourit modestement. « En effet, les scieries ont été ma grande fierté. Je dirige aussi un magasin de quincaillerie que j’ai décidé de vendre – même si j’y suis attachée sentimentalement. Je vais prochainement ouvrir un magasin de vêtements féminins de haute qualité. »
La mère de Duncan était de plus en plus interloquée. « Je suis impressionnée ! C’est donc pourquoi, dans la perspective de cette ouverture, vous avez visité la filature de mon fils, aujourd’hui ! »
Duncan répondit à sa place. « Oui, Scarlett a pu se constituer le stock en tissus et vêtements. ». Il fixa intensément la jeune femme : « Surtout, elle me fait le grand honneur de représenter La Mode Duncan à Atlanta en vendant ma ligne de prêt-à-porter. »
Ravie du compliment, Scarlett le remercia.
Sa ligne de prêt-à-porter ? Mais il avait complétement abandonné l’idée de vêtements accessibles à la moyenne bourgeoisie au profit de la Haute Couture ! Cathleen réfléchissait, et comprenait de moins en moins. Ou plutôt, elle eut l’impression que son fils n’agissait plus logiquement.
Entre-temps, le majordome avait installé les plateaux d’entremets et de boissons.
Melina se leva pour servir le thé et le café. Elle n’en croyait pas ses yeux. Son grand frère, si dynamique d’ordinaire, se montrait presque timide ! Serait-il amoureux ? Elle observa la visiteuse, et admira sa tenue. Elle était vraiment jolie. Au goût de Duncan, manifestement !
Scarlett voyait l’heure passer. La journée avait été longue, et elle se devait de consacrer un moment avec ses tantes avant de les quitter le lendemain.
Cathleen voulut en savoir plus sur cette femme d’affaires que son fils couvait ostensiblement des yeux. Elle lança une supposition, et ce serait au tour de Scarlett de la confirmer ou non : « N’est-ce pas trop difficile pour vous de gérer vos entreprises avec votre activité de mère ?»
Celle-ci répondit avec naturel. « Mes enfants ont toujours été habitués à voir leur mère travailler. »
La Veuve Vayton épia la réaction de son fils à sa question. Il avait pâli. Mal à l’aise, il gesticula inconfortablement sur la chaise.
Cathleen poussa l’indiscrétion un peu plus loin : « Ils doivent être très fiers d’avoir une mère si courageuse. Combien en avez-vous ? »
D’emblée, Scarlett répondit : « Trois. » Puis elle s’arrêta et mordit sa lèvre inférieure. Cathleen nota ce moment de flottement.
La jeune femme reprit : « J’avais trois enfants, mais ma petite fille est décédée. » Toute son assurance s’était envolée. Elle sembla perdue.
Cathleen compatit : « Comme je suis désolée pour vous ! » Melina renchérit : «Quel malheur ! »
Scarlett les remercia d’un mouvement de lèvres. Puis elle se reprit, et redressa la tête.
« Mon fils Wade a treize ans. Dieu ! Que le temps passe vite… Et ma fille Ella Lorena a neuf ans. » Elle conclut fièrement : « Ce sont de gentils enfants. »
Cathleen ne manqua pas de noter les différentes émotions et réactions qui transparaissaient si visiblement sur son visage. « Quel cran ! » pensa-t-elle, admirative.
Pendant cet échange, Duncan était resté muet. Lorsqu’il entendit que Scarlett avait des enfants, il en eut le souffle coupé. Sa réaction était déraisonnable pourtant. Bien sûr, une jeune femme superbe comme elle ne pouvait être que mariée à la tête d’une famille ! Puis il comprit la tragédie qu’elle avait vécue. Son cœur saigna pour elle.
«Scarlett, quel drame absolu d’avoir perdu votre enfant ! Je n’ai jamais rencontré quelqu’un d’aussi courageux que vous dans l’adversité. » L’émotion de Duncan était palpable.
Il s’approcha d’elle et chercha ses yeux pour lui faire comprendre qu’il voulait prendre une partie de sa peine. Il lui emprisonna ses deux mains dans les siennes, désirant lui insuffler une chaleur réconfortante.
Les deux femmes Vayton furent interloquées par cette démonstration d’affection prolongée totalement inusitée lors d’une rencontre professionnelle. Leur cher Duncan était ensorcelé !
Quant à Scarlett, elle fut émue de cette manifestation d’empathie. Cet homme était vraiment touchant.
Mais il était temps de quitter ces gens chaleureux.
« Madame Vayton, je tiens à vous remercier, vous et votre famille, pour votre hospitalité. Je serai heureuse de vous accueillir à Atlanta, si jamais vous y veniez en visite. »
Les trois femmes s’enlacèrent, puis Duncan entraîna Scarlett vers les escaliers. Il l’aida à mettre son manteau puis ils sortirent.
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Il resta silencieux jusqu’à ce qu’ils atteignent la cour. Un poids, aussi lourd qu’un roc, comprimait sa poitrine. Il se sentit entraîné dans une spirale qui lui en rappela une autre.
Je suis amoureux ! Ce constat s’imposa à lui brutalement, comme une évidence.
Une autre réalité lui sauta aux yeux : elle allait repartir demain pour Atlanta. S’il ne réagissait pas, il ne la reverrait pas avant longtemps.
Comment faire, alors qu’une ombre menaçante se mettait au milieu de son chemin ? ll y a un Monsieur O’Hara, père des enfants de Scarlett, qui doit l’attendre à Atlanta, s’inquiéta-t-il.
Il fallait pourtant qu’il se décide à bousculer les obstacles s’il voulait la revoir prochainement.
« Scarlett, je dois me rendre prochainement à Atlanta pour inspecter une des propriétés de Vayton & Sons Ltd qui vient d’être rénovée. Je profiterai de ce déplacement pour vous apporter la robe rectifiée à vos mesures. »
« J’en serai ravie. A cette occasion, je vous ferai visiter le local que j’ai choisi pour mon nouveau magasin. »
S’approchant du buggy, Scarlett ajusta son chapeau. « Je crois avoir oublié mon foulard dans la salle d’essayage de votre atelier. »
Duncan la rassura. « Je demanderai à Blanche de le chercher, et je vous l’apporterai avec la robe. »
« Merci. Que dois-je ajouter ? Vous êtes mon ange-gardien, Duncan. J’ai passé, grâce à vous, une journée passionnante et enrichissante – même si mon porte-monnaie en a souffert ! »
Elle s’esclaffa, suivie par son compagnon, gagné par cette gaieté communicative.
Son rire en cascade s’envola dans les airs.
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Auteur : Arlette Dambron
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Notes sur le chapitre 17 :
*Taux de conversion dollar / francs français en 1875 : en 1865, le franc était rattaché à 0,290322581 gramme d'or. Le dollar était à 18,94 dollars par once troy en 1875. Une once troy équivaut à 31,1 grammes, ce qui nous donne une valeur de 0,60 $ par gramme, soit un taux de 2,06 pour 1 FR. Source : ask metalfilter com - ask.metafilter.com/275442/Historical-Value-of-French-Franc-in-comparison-to-US-dollar1.
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Commentaires des lecteurs sur mon roman "The Boutique Robillard" sur fanfiction.net et archiveonourown.org - Chapitre 17 :
Fai. chapter 17 . May 22
Oh, Duncan est tombé de très haut, et il risque de ne pas arriver à remonter!
Pas de Monsieur O'Hara, mais un Monsieur Butler qui ferait bien de venir protester un peu.
Je me demande par contre quelle serait la réaction de Duncan face à Wade et Ella. D'autant plus que Rhett était quasiment un père pour eux, et nul doute que s'ils voient un autre soupirant auprès de leur mère, ils risquent d'en faire la remarque.
J'ai hâte de lire le prochain chapitre! Y a-t-il une chance pour un premier (après plusieurs années) regards entre Rhett et Scarlett avant de repartir pour Atlanta? Ils sont si près!
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Kle. chapter 17 . 21 mai : Alors Cathleen en sait un peu plus. J'imagine qu’elle va en parler avec Duncan.
Quand-même, je suis heureuse de la voir accueillie avec chaleur et joie. J’aime bien ces trois personnes :)
J'espère que tu vas bien, je suis toujours ravie de voir ces chapitres :)
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Invité, chapitre 17 . 21 mai : J'étais si excitée que vous ayez posté un nouveau chapitre ! J'ai vérifié tous les jours pour voir si un nouveau chapitre était disponible. Superbe chapitre ! J'ai hâte de voir la réaction de tout le monde quand ils découvriront qui est le nouvel associé de Duncan. S'il vous plaît, mettez à jour rapidement !
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Aet. chapitre 17 . 21 mai : Vos détails rendent les scènes si faciles à imaginer. Je ne peux pas me représenter le travail d’avoir à faire toutes ces conversions sur papier. Ça aide qu’il s’agisse d’un dialogue. Scarlett ressemble à nouveau à Scarlett. Nul doute que Duncan la suive jusqu'à Atlanta et que tous les « vieilles pies » le renseignent sur les détails de la vie de Scarlett.
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Mar. chapitre 17 . 21 mai : Etonnamment, je ne pense pas vous avoir laissé un commentaire alors que nous en sommes déjà à 17 chapitres ! J'ai lu chacun d'entre eux et j'apprécie votre histoire. J'apprécie le temps que vous avez pris pour la rendre historiquement exacte et pour fournir des références aussi ! Ça ne peut pas faire de mal d'apprécier une fanfiction et d'apprendre quelque chose de nouveau pendant qu'on y est.
J'ai le sentiment que cette histoire ne fait que commencer... comment Rhett et Duncan vont-ils réagir lorsqu'ils réaliseront qu'ils ont les yeux rivés sur la même femme ? S'ils se rencontrent au chapitre 18, comment se déroulera la visite de Duncan à Atlanta ? Vous avez très bien décrit Scarlett ici. Elle apprécie l'attention de Duncan et elle est dans son élément en tant que femme d'affaires, mais Rhett est, bien sûr, toujours dans son esprit. Il a un adversaire de taille en Duncan, j'espère que cela le fera revenir à la raison. Ou que Scarlett puisse trouver le plein bonheur ailleurs. J'attends avec impatience le chapitre 18 ! Merci !
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Gag. chapitre 17 . 21 mai : C'est parfait et magnifique. J'ai hâte de lire le prochain chapitre
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Invité, chapitre 17 . 21 mai : il semble que Mr B va certainement entendre ces rires en cascade :)) J'apprécie votre intrigue, mais pour moi il peut y avoir moins de description de l'histoire, de l'art et de l'architecture et plus d'émotions profondes des personnages, de la croissance de Scarlett, de la guérison de Rhett, de Wade et d'Ella.
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tai. chapitre 17 . 21 mai : J'aime quand d'autres personnes reconnaissent les forces et le succès commercial de Scarlett. Et quand Duncan réalisera-t-il qu'il n'y a pas de mari ?
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Sar. chapitre 17 . 21 mai : J'aime la façon dont l'histoire évolue. Scarlett mérite quelques aventures érotiques dans sa vie.
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Invité, chapitre 17 . 21 mai : Superbe chapitre ! J'ai hâte de lire le prochain chapitre ! Je me demande pourquoi Scarlett n'a pas mentionné qu'elle était divorcée. S'il vous plaît mettre à jour bientôt ! J'espère vraiment que Rhett et Scarlett vont se croiser.
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Sca. chapitre 17 . 21 mai : Le dialogue et les observations des personnages au cours des conversations sont justes et merveilleusement révélateurs. Je me demande quand Scarlett va comprendre que Duncan veut faire des affaires plus personnelles avec elle. J'aime cette histoire et je souhaite seulement que vous postiez plus souvent. J'ai aussi hâte de revoir Wade et Ella.
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