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Read on line the updates of my historic novel The Robillard Boutique, fandom of Gone with the Wind (in English, click on top)

 

 

 

Lisez en ligne mon roman historique, dans l'Amérique de 1876 : La Boutique Robillard, ma suite d'Autant en Emporte le Vent (en français)

Publié par Arlette Dambron

En relatant cette fameuse soirée, j’ai voulu me plonger dans l’ambiance, et j’ai découvert de magnifiques chansons populaires d’avant et pendant la guerre de Sécession. Chaque morceau cité fait partie intégrante de l’histoire et m’a fait vibrer. Je vous conseille de lire, en même temps que vous écouterez les liens sur You Rube. Les chapitres 24 et 25 seront, eux aussi, émaillés de nombreuses chansons, avec les liens correspondants. Il m’a fallu écouter des dizaines de fois Lorena pour essayer de transmettre par écrit l’émotion de Rhett, Scarlett et Duncan…

Pour la première fois, j'ai mis en images mes rêves inspirés par The Boutique Robillard, en plongeant dans l'âme de Duncan Vayton pour créer visuellement les quinze modèles.....

Siège de "La Mode Duncan" du roman The Boutique Robillard. Photographies en noir et blanc de la maison du 26 South Battery, Charleston, Caroline du Sud, dénommée Colonel John Algernon Sydney Ashe House, source oc.getarchive.net. Avant leur transformation pour la mise en scène du défilé de Duncan Vayton.
Siège de "La Mode Duncan" du roman The Boutique Robillard. Photographies en noir et blanc de la maison du 26 South Battery, Charleston, Caroline du Sud, dénommée Colonel John Algernon Sydney Ashe House, source oc.getarchive.net. Avant leur transformation pour la mise en scène du défilé de Duncan Vayton.
Siège de "La Mode Duncan" du roman The Boutique Robillard. Photographies en noir et blanc de la maison du 26 South Battery, Charleston, Caroline du Sud, dénommée Colonel John Algernon Sydney Ashe House, source oc.getarchive.net. Avant leur transformation pour la mise en scène du défilé de Duncan Vayton.
Siège de "La Mode Duncan" du roman The Boutique Robillard. Photographies en noir et blanc de la maison du 26 South Battery, Charleston, Caroline du Sud, dénommée Colonel John Algernon Sydney Ashe House, source oc.getarchive.net. Avant leur transformation pour la mise en scène du défilé de Duncan Vayton.
Siège de "La Mode Duncan" du roman The Boutique Robillard. Photographies en noir et blanc de la maison du 26 South Battery, Charleston, Caroline du Sud, dénommée Colonel John Algernon Sydney Ashe House, source oc.getarchive.net. Avant leur transformation pour la mise en scène du défilé de Duncan Vayton.

Siège de "La Mode Duncan" du roman The Boutique Robillard. Photographies en noir et blanc de la maison du 26 South Battery, Charleston, Caroline du Sud, dénommée Colonel John Algernon Sydney Ashe House, source oc.getarchive.net. Avant leur transformation pour la mise en scène du défilé de Duncan Vayton.

Samedi 27 mai 1876, 19 h 15 heures, Charleston, jardin du Siège de « La Mode Duncan », 26 South Batter, Charleston

 

« Un double whisky, s’il vous plait ! »

Madame Butler fit une mimique d’appréhension. S’il commence par un double whisky…

Les arguments de Rosemary avaient été suffisamment convaincants pour que Rhett se décide à faire plaisir à sa mère et vienne à la réception.

Il jeta un regard autour de lui : lumières inondant le jardin et la maison de maître, les plus beaux atours revêtus par les dames, gentlemen à la pose distinguée, costumes militaires prestigieux… Aucun doute, son voisin avait fait les choses en grand.

Les femmes présentes autour de la table l’accueillirent avec des airs surpris et contents. Avec charme, il présenta ses hommages à Cathleen Vayton, et baisa légèrement la main de Melina et de la jeune Roselyne qui en rougit de plaisir.

La mère et le fils se regardèrent. Elle plissa des yeux en signe de remerciement d’être venu les rejoindre.

Rosemary a raison. Je les ai trop négligées. Ce soir, je vais faire l’effort d’oublier ce qui me mine, et de profiter d’être parmi les miens dans ma ville natale. Inviter ces dames à danser sera un dérivatif suffisant. A moins que la parade des mannequins m’émoustille !  se moqua-t-il.

Il nota les quatre sièges vides. Un brin singulier pour la table des hôtes !

Devant lui se tenait le maître des festivités, tournant le dos à leur table, les yeux rivés vers la piazza illuminée.

« Que le spectacle commence ! » décréta en français un Rhett ragaillardi.

Du côté de l’estrade, parlant avec un porte-voix, un membre de l’orchestre annonça : « Il est 19 h 14. Le défilé de la prestigieuse maison de couture de Charleston va commencer. Je vous souhaite à tous une bonne soirée ! »

Aussitôt, le fourmillement des discussions éparses s’éteignit, suivi par un silence discipliné. Tous les yeux se tournèrent vers la magnifique demeure charlestonienne, encore plus impressionnante sous le feu des lumières. (*1)

Les premières mesures instrumentales du célèbre « Carolina », interprétées par le pianiste, la violoniste, et le joueur de mandoline s’élevèrent solennellement.  (*2)

"Carolina", musique(musique Armand Edward Blackmar, 1866. Chanté par Tom Roush.

 

Duncan sentit l’excitation l’envahir. Enfin !

Installée aux premières loges, la tablée des Vayton, comme tous les autres invités, guettait le moindre mouvement qui sortirait de la vaste salle d’exposition du rez-de-chaussée.  

Aux premières notes de « Carolina », deux silhouettes aux tons bleus et blancs furent visibles au fond de la pièce, puis elles se dédoublèrent, l’une sortant par l’arche de la porte-fenêtre de droite, l’autre par celle de gauche.

En synchronisation, elles firent des pas comptés sur la loggia cerclant l’immense salon, et disparurent chacune par l’arche menant à la deuxième porte-fenêtre, telles des beautés évanescentes, pour se croiser ensuite à l’intérieur et ressortir chacune par la porte opposée suivante.

Ce ballet fut répété à l’identique avec la troisième porte-fenêtre, sauf qu’elles se présentèrent ensemble à la fin par le vantail du balcon faisant face au jardin et aux invités.

Scarlett O'Hara portant une robe avec l'emblème du drapeau de Caroline du Sud,  sur le porche du 26 South Battery, Charleston SC - Gone with the Wind fandom

Scarlett O'Hara portant une robe avec l'emblème du drapeau de Caroline du Sud, sur le porche du 26 South Battery, Charleston SC - Gone with the Wind fandom

 

Au moment où elles descendaient la dernière marche, le chanteur de l’orchestre à qui on avait confié la fonction de maître de cérémonie pendant le défilé, annonça avec le porte-voix :

« La Mode Duncan » est fière de mettre à l’honneur ce soir, à travers ses créations, nos chers Etats du Vieux Sud, et en particulier sa flore et sa faune. Ces deux premières œuvres représentent le drapeau de notre bien-aimée Caroline du Sud !

Les applaudissements unanimes fusèrent.

Les deux jeunes femmes tournèrent élégamment sur elles-mêmes puis descendirent les marches.

Ensemble, elles s’avancèrent lentement dans la large allée centrale parquetée, dont les pas étaient étouffés par les tapis, pour parcourir la distance les séparant des dernières tables, avant de repartir en sens contraire.

Cette chorégraphie astucieuse permettait à tous les participants à la fête de ne rien manquer des détails des toilettes de la Collection de « La Mode Duncan ».

Les commentaires étaient chuchotés entre voisins assis à proximité, afin de ne pas rompre la magie de l’instant, et troubler la partition de l’hymne des Confédérés de la Caroline du Sud.

Les dames admirèrent l’originalité des tenues, les hommes préférèrent apprécier les formes des mannequins, ou imaginer leurs épouses ou leurs maîtresses dans de tels atours.

Le bleu indigo, cher à la plantation de South Soft, était la coloration dominante de ces deux robes, comme la note bleue serait rappelée dans la composition des douze autres modèles. Le tissu choisi par le grand couturier était du damas, une étoffe dont l’armure de soie, mode d'entrecroisement des fils de chaîne et des fils de trame, aboutissait à un contraste de brillance entre le fond et le dessin tissé. Quelles remarquables performances avaient été effectuées par la filature de Vayton & Harvey, dignes des soieries de Lyon en France !

Un drapé savant remontait en son centre, surmonté d’une corolle légère flottant autour des reins. Le bustier au décolleté généreux était mis en valeur par des perles de verre qui donnaient l’illusion de pierres précieuses sous la flamme des torches.

Les militaires furent les premiers conquis par le motif patriotique de ces deux créations, reconnu par tous les spectateurs, le palmier et le clair de lune, symboles du drapeau de l’Etat sudiste

Sur le premier modèle, palmiers et croissants de lune, brodés au fil d’argent, coexistaient avec la pleine lune scintillant de mille feux.

Modèle n°1. Scarlett O'Hara portant une robe brodée de palmiers et de croissants de lune en hommage à la Caroline du Sud. (Création d'Arlette Dambron.)

Modèle n°1. Scarlett O'Hara portant une robe brodée de palmiers et de croissants de lune en hommage à la Caroline du Sud. (Création d'Arlette Dambron.)

 

Quant à la deuxième création, elle arborait encore plus crânement le patriotisme d’appartenir à ce vieil Etat de Caroline du Sud. De minuscules drapeaux, cousus de fils métalliques argentés, donnaient l’impression qu’ils allaient s’agiter à la moindre brise, tant le méticuleux pliage de la soie leur donnait du relief.  

 

Des ballerines fines en cuir et soie reprenaient les couleurs de l’ensemble, avec le thème central du palmier brodé sur le devant.

Autour de leur taille, une ceinture en velours de soie, coupée à la façon d’un « V » renversé, tranchait par sa couleur émeraude, brodée de délicates feuilles de palmier en fil métallique doré.

Les deux jeunes femmes portaient négligemment sur l’épaule une étole, piquée de petites plumes d’oiseaux aux dominantes blanches parsemées d’un camaïeu de duvets bleus.

Un long voile vaporeux en organza, qu’elles avaient passé sous leurs avant-bras gantés de fine dentelle de Calais, tranchait avec le thème nocturne par son ton jaune doux, aussi doux qu’un lever de soleil.

Modèle numéro 2. Scarlett O'Hara portant une robe brodée de de petits drapeaux aux armes de la Caroline du Sud.  (Création d'Arlette Dambron.)

Modèle numéro 2. Scarlett O'Hara portant une robe brodée de de petits drapeaux aux armes de la Caroline du Sud. (Création d'Arlette Dambron.)

 

Le chapeau mettait la touche finale à la toilette en reprenant la même étoffe que la jupe principale, transformée en rubans aux pliures complexes. Ceux-ci agrippaient deux plumes de geai bleu bouclées. Les coutures prolongées par un liseré de feuilles de palmier étaient en fil d’or et d’argent. 

Le retour des deux premières jeunes femmes vers le devant de la scène fut salué par des ovations, qui remontèrent agréablement aux oreilles ravies du grand couturier.

La concordance de temps fut parfaite entre la fin du morceau de musique joué et les premières notes d’un air connu, la disparition des deux mannequins vers l’entrée principale du bâtiment et l’apparition simultanée de silhouettes dans le salon illuminé.

Les participants privilégiés à ce spectacle haut de gamme poussèrent quelques cris de surprise en découvrant les ombres dont les formes se faisaient plus précises au fur et à mesure que le ballet se mettait en place.

Cette fois-ci, elles étaient quatre à entrer chacune par une arche de porte, se croiser à l’intérieur et ressortir de l’autre côté, pour finalement tourner avec majesté tout autour de la loggia.

L’inventeur du ballet était conquis par le résultat visuel obtenu. Quel bonne idée d’avoir choisi cette maison à l’architecture italienne pour en faire le siège de « La Mode Duncan » ! Elle avait été bâtie pour que des élégantes du Sud puissent parader, se convainquit Duncan.

Modèles 3, 4, 5 et 6 : Magnolia du Mississipi, Jasmin Jaune de Caroline du Sud, Camélia d’Alabama et Rosier des Cherokees de Georgie. Les quatre créations exclusives de Duncan Vayton en hommage à la flore du Vieux Sud paradent sur la piazza de la demeure du 26 South Battery, Charleston, SC. En réalité, la maison dénommée Colonel John Algernon Sydney Ashe House.

Modèles 3, 4, 5 et 6 : Magnolia du Mississipi, Jasmin Jaune de Caroline du Sud, Camélia d’Alabama et Rosier des Cherokees de Georgie. Les quatre créations exclusives de Duncan Vayton en hommage à la flore du Vieux Sud paradent sur la piazza de la demeure du 26 South Battery, Charleston, SC. En réalité, la maison dénommée Colonel John Algernon Sydney Ashe House.

Le groupe descendit les marches, deux par deux, en faisant la révérence.

Le maître de cérémonie annonça : « Le grand couturier Duncan Vayton fait vivre, à travers ces quatre parures, Le Magnolia du Mississipi, Le Jasmin Jaune de Caroline du Sud, Le Camélia d’Alabama et Le Rosier des Cherokees de Georgie. (*3)

Son intervention fut récompensée par une salve d’acclamations.

Les quatre modèles s’engagèrent vers l’allée principale.

Afin qu’aucun ornement sophistiqué n’échappe à l’œil intrusif des amateurs de mode, les mannequins s’arrêtaient tous les deux mètres, se tournant en doublé vers les personnes assises, puis, par une ronde légère, changeaient de côté, avant de reprendre leur marche cadencée.

John et Petyr eurent donc tout loisir de détailler l’anatomie des belles New-Yorkaises, la courbe des hanches ou la poitrine magnifiée par le bustier. Rebecca préféra comparer les quatre modèles avec ceux qui les avaient précédés.

Habituée à revêtir les plus riches étoffes, elle reconnut immédiatement le caractéristique brocart de soie richement tissé de fleurs brochées en relief, dont les contours avaient été brodés au fil d’or métallique.

Les délicats pétales blancs des roses Cherokee de Georgie et des magnolias du Mississipi s’éparpillaient à foison sur le tissu moiré aux notes bleues.

Modèle numéro 3 et 6. Scarlett O'Hara portant une robe aux motifs de la rose Cherokee de Georgie et du Magnolia du Mississipi. (Création d'Arlette Dambron.)
Modèle numéro 3 et 6. Scarlett O'Hara portant une robe aux motifs de la rose Cherokee de Georgie et du Magnolia du Mississipi. (Création d'Arlette Dambron.)

Modèle numéro 3 et 6. Scarlett O'Hara portant une robe aux motifs de la rose Cherokee de Georgie et du Magnolia du Mississipi. (Création d'Arlette Dambron.)

 

Présentées sur leur écrin de taffetas irisé aux reflets mauves, les camélias de Charleston paradaient avec panache car elles bénéficiaient d’un traitement privilégié. L’artiste avait choisi de transformer chaque bouton d’un blanc virginal ou d’un rouge écarlate en un diamant aux facettes rehaussées d’argent, affichant son attraction singulière pour cette fleur si fragile.  

Modèle numéro 5. Scarlett O'Hara portant une robe aux motifs du Camélia de Charleston. (Création d'Arlette Dambron.)

Modèle numéro 5. Scarlett O'Hara portant une robe aux motifs du Camélia de Charleston. (Création d'Arlette Dambron.)

 

Quant aux jasmins jaunes de Caroline du Sud, ils avaient fait sécession en tranchant avec les teintes bleuâtres, pour parsemer la mousseline ivoirine. Toutefois, afin que leur jaune vif ne soit pas trop clinquant, les fleurs fétiches des Charlestoniens avaient été incrustées dans le tissu – un exploit de tissage et des couturières -, tant et si bien qu’on devinait seulement leurs silhouettes. Heureusement, le jaune d’or reprenait sa flamboyance en cintrant le bustier de perles jaunes et vertes à l’image miniaturisée du prolifique jasmin.  Toutefois, la fleur rebelle rentrait dans le rang et s’alignait sur ses trois consœurs en respectant la lignée bleuâtre grâce aux plumes parsemant le blanc duvet de l’étole, recouvrant un long voile translucide qui flottait autour de la silhouette des quatre jeunes femmes comme la rosée du matin.

La même déclinaison de miniaturisation avait été appliquée aux trois autres fleurs sur le bustier et la doublure intérieure de la traîne. Chaque détail, même partiellement caché, témoignait ainsi de l’inventivité du styliste et de la maîtrise de l’atelier de Haute Couture de La Mode Duncan.

Modèle numéro 4. Scarlett O'Hara portant une robe aux motifs du Jasmin jaune de Caroline du Sud. (Création d'Arlette Dambron.)

Modèle numéro 4. Scarlett O'Hara portant une robe aux motifs du Jasmin jaune de Caroline du Sud. (Création d'Arlette Dambron.)

Chaussures, chapeaux et ceinture émeraude adoptaient le même motif de broderie.

« Un travail exceptionnel de finesse ! » Rebecca gonfla la poitrine de fierté d’avoir pour amant un artiste si flamboyant. »

Les quatre mannequins regagnèrent l’entrée principale du bâtiment, un autre air fut joué par l’orchestre.

Trois nouvelles jeunes filles les remplacèrent en marchant sur le plancher de la loggia du rez-de-chaussée.

Modèles n°7, 8 et 9 - Scarlett O'Hara portant une robe aux motifs de l'Iris noir de Louisiane, du Bleuet du Texas, et de la floraison d'oranges de Floride - . (Création d'Arlette Dambron.)

Modèles n°7, 8 et 9 - Scarlett O'Hara portant une robe aux motifs de l'Iris noir de Louisiane, du Bleuet du Texas, et de la floraison d'oranges de Floride - . (Création d'Arlette Dambron.)

 

A cet instant précis, on entendit des « Oh ! » de surprise : le premier étage était à son tour envahi par une farandole de six silhouettes tournant autour de la piazza, marquant un temps d’arrêt sous l’arche du balcon, afin que tous les spectateurs puissent se réjouir de cette féerie de couleurs.

Parade des neuf mannequins présentant la collection Haute Couture autour des piazzas de la Colonel John Algernon Sydney Ashe House, 26 South Battery, Charleston, Caroline du Sud, dans le roman The Boutique Robillard.

Parade des neuf mannequins présentant la collection Haute Couture autour des piazzas de la Colonel John Algernon Sydney Ashe House, 26 South Battery, Charleston, Caroline du Sud, dans le roman The Boutique Robillard.

 

L’animateur de la soirée présenta les trois New-Yorkaises regroupées sur le haut des marches : «Ladies et Gentlemen, je vous présente l’Iris noir de Louisiane, la Floraison d’oranges de Floride, et le Bleuet du Texas ! »

Les exclamations admiratives n’avaient pas cessées depuis la parade des mannequins autour du balcon du premier étage. Ils s’intensifièrent encore plus lorsque ce nouvel hommage aux fleurs et aux fruits du Vieux Sud défilèrent sur l’allée centrale au milieu des convives ébahis.   

Malgré le deuil qui continuait à attrister la veuve d’Aymeric Vayton, la mère du héros de la soirée se rengorgeait de fierté. Eleonor Butler lui toucha gentiment la main : «Comment votre fils a-t-il pu créer de telles parures de rêve ? » La gorge nouée, elle ne put lui répondre et la remercia d’un hochement de tête.

Sa fille fut plus expansive à témoigner de son enthousiasme : « Mon frère est un génie ! »

Malgré sa réticence à se joindre à l’événement mondain de l’année à Charleston, Rhett, esthète dans le sang, devait reconnaître que le spectacle était à son goût, aussi bien pour l’originalité des robes que pour les courbes stratégiquement révélées de leurs mannequins. De là à vanter le « génie » de ce prétentieux de Vayton…. Ses lèvres esquissèrent une moue de dédain.

A la table des Paxton, le plaisir des yeux se conjuguait avec le pétillement des bouteilles de Champagne qui faisaient rosir les joues des trois jeunes femmes. Petyr ne savait plus où diriger son attention, tant les décolletés, les hanches cintrées et le déhanchement des mannequins le faisaient fantasmer.

Il va falloir que je supplie Duncan pour qu’il accepte de me réserver la robe aux iris. Même si je crains que son prix ne soit scandaleusement dispendieux et au-dessus de mes moyens….  Rebecca avait sélectionné sa robe préférée – avec raison, car le modèle était à couper le souffle !

Déposées délicatement sur leur lit de soie ivoirine, les fleurs parsemant la jupe avaient été magiquement transformées en bijoux aux éclats violet et argentés. Un iris garni d’organdi et de minuscules perles était accroché à la naissance des seins, dirigeant l’attention sur les pépites violettes se regroupant sur le bustier. Ses mêmes pépites étaient déclinées, à l’image des modèles précédents, à l’intérieur de la doublure exposée de la traîne. Pour parachever l’élégance royale de l’Iris Noire de Louisiane, le mannequin portait sur ses épaules une étole garnie de plumes mauves étouffant le duvet blanc, au-dessus d’un long voile de mousseline violette.

Modèle n°7. Scarlett O'Hara portant une robe brodée d'Iris noirs de Louisiane - (Création Arlette Dambron pour La Boutique Robillard)

Modèle n°7. Scarlett O'Hara portant une robe brodée d'Iris noirs de Louisiane - (Création Arlette Dambron pour La Boutique Robillard)

 

Contrastant avec l’érotisme induit du pistil dominant et dressé de l’Iris Noire de Louisiane, la Floraison d’Oranges de Floride était aussi innocente qu’une douce journée de printemps, dorant la pelure du fruit de rayons de soleil, alors que les fleurs d’oranger translucides étaient absorbées par la jupe blanche aux reflets moirés, dont l’organza était si fin qu’il donnait l’impression d’en être translucide. Même le voile d’un gris tendre évoquait la quiétude d’un temps calme et radieux.

Modèle n°8. Scarlett O'Hara portant une robe intitulée Floraison d'oranges de Floride - (Création Arlette Dambron pour le roman The Boutique Robillard.)

Modèle n°8. Scarlett O'Hara portant une robe intitulée Floraison d'oranges de Floride - (Création Arlette Dambron pour le roman The Boutique Robillard.)

 

Quant à l’hommage au Bleuet du Texas, beaucoup d’hommes présents dans l’assemblée durent avoir l’envie de croquer à pleine dents ses grappes rondes violacées prêtes à être cueillies au milieu de leurs consœurs d’un bleu tendre, pas encore prêtes pour être récoltées.

Modèle n°9. Scarlett O'Hara portant une robe au motif des bleuets du Texas - (Création Arlette Dambron pour le roman The Boutique Robillard.)

Modèle n°9. Scarlett O'Hara portant une robe au motif des bleuets du Texas - (Création Arlette Dambron pour le roman The Boutique Robillard.)

 

Les mains commençaient à être douloureuses d’avoir tant applaudi, et les voix se fatiguaient d’avoir tant complimenté.

Mais le spectacle était loin d’être fini !

La farandole reprit. Ce fut le tour de trois autres jeunes femmes, transformées cette fois en symboles de la faune américaine. Lorsque l’animateur annonça Le Roitelet de Caroline du Sud, suivi du Moqueur Roux de Georgie et du Bruant de Mc Cown, on brûla d’impatience d’admirer au plus près la représentation brodée du plumage de ces symboliques volatiles.

 

 

Défilé de mannequins au visage de Scarlett O'Hara, portant des robes de 1876 en hommage aux oiseaux du Sud des Etats-Unis, marchant sur la piazza de la Colonel John Algernon Sydney Ashe House, 26 South Battery, Charleston, Caroline du Sud, dans le roman The Boutique Robillard.

Défilé de mannequins au visage de Scarlett O'Hara, portant des robes de 1876 en hommage aux oiseaux du Sud des Etats-Unis, marchant sur la piazza de la Colonel John Algernon Sydney Ashe House, 26 South Battery, Charleston, Caroline du Sud, dans le roman The Boutique Robillard.

 

Les admirateurs des créations du Prince de la Mode ne furent pas déçus. Si la tonalité était la même pour les trois robes – jupes en soie moirée d’un blanc diaphane et bustiers en satin de velours enveloppés de voiles aux dégradés de bleu ciel virant au turquoise similaire à leurs étoles, ils furent ébaudis par sa capacité à renouveler son inspiration tout en traitant d’un même thème.

 Le Moqueur Roux de Georgie, typique avec sa longue queue, déployait l’envergure de ses ailes dans un vol vertigineux dont la hauteur dans l’horizon était symbolisée par la petitesse de sa taille sertissant la ceinture émeraude. Après d’amples courbes autour de ses congénères accrochés aux branches. Il gagnait en ampleur jusqu’à arriver à la coquille de bas de jupe, ses ailes puissantes épanouies.

Modèle n°11. Scarlett O'Hara portant mettant à l'honneur l'oiseau Moqueur Roux de Georgie - (Création d'Arlette Dambron, pour le roman La Boutique Robillard.)

Modèle n°11. Scarlett O'Hara portant mettant à l'honneur l'oiseau Moqueur Roux de Georgie - (Création d'Arlette Dambron, pour le roman La Boutique Robillard.)

 

Les Roitelets de Caroline du Sud, vers de terre au bec, dissimulaient leurs ventres rebondis sous les branchages. L’inspiration du styliste et les doigts de fée des couturières de l’Atelier avaient réussi le tour de force de broder la quinzaine de volatiles de façon à que ceux-ci paraissent jouer à cache-cache à l’intérieur de l’étoffe.

Modèle n°10. Scarlett O'Hara portant une robe célébrant le roitelet de Caroline du Sud - (Création d'Arlette Dambron pour le roman La Boutique Robillard.)

Modèle n°10. Scarlett O'Hara portant une robe célébrant le roitelet de Caroline du Sud - (Création d'Arlette Dambron pour le roman La Boutique Robillard.)

 

Pour clore en beauté cet échantillonnage des oiseaux ayant fait leur nid dans les Etats du Sud, quoi de plus symbolique pour le héros de la Guerre de Sécession d’avoir choisi le Bruant de McCow, baptisé ainsi en l’honneur d’un ancien Général de l’Armée Sudiste, et ornithologue réputé. Ce qui fit rugir de fierté les militaires mis à l’honneur près de l’estrade.

Ils furent nombreux à écarquiller les yeux en se demandant si le coucher de soleil, disparu derrière la façade du bâtiment italien, n’était pas réapparu par un tour de passe-passe sur la jupe. Duncan Vayton avait utilisé la teinte rousse du dos de l’oiseau pour la faire rougir devant un soleil couchant, alors que l’obscurité commençait à gagner. Celle-ci avait mangé intégralement les bruants disposés en rang martial autour de la corolle en les muant en ombres noires et blanches.

Modèle n°12. Scarlett O'Hara portant une robe ornée de l'oiseau Bruant de McCown en honneur au Général de l'Armée Sudiste. (Création d'Arlette Dambron, pour le roman La Boutique Robillard.)

Modèle n°12. Scarlett O'Hara portant une robe ornée de l'oiseau Bruant de McCown en honneur au Général de l'Armée Sudiste. (Création d'Arlette Dambron, pour le roman La Boutique Robillard.)

 

L’assistance se sentait transportée dans le temps dans un monde de douceur, où les sens étaient repus. La richesse des étoffes et l’exclusivité de la création artistique, combinées avec les danseuses des deux étages qui continuaient à s’entrecroiser avec grâce, en cadence avec la musique de l’orchestre, tout contribuait à ce que les invités présents se sentissent privilégiés de vivre un moment festif historique pour la ville de Charleston.

A la table des Vayton, les femmes étaient enthousiastes. « Comme je suis fière de mon frère ! » s’exclama Melina. Sa mère ne dit rien mais ses traits s’adoucirent. « Aymeric aurait été satisfait de l’œuvre accompli par son héritier. »

Les trois plus jeunes femmes discutaient entre elles, comparaient les toilettes. Melina avait été transporté par le vol réussi du Moqueur Roux de Georgie, alors que Roselyne s’extasiait de la flamboyance du jasmin de Caroline du Sud.

Rosemary Butler prisa le riche étalage d’étoffes les plus raffinées les unes des autres. Plus prosaïquement, elle s’adressa à sa nouvelle amie : « Votre frère a utilisé toutes les gammes inimaginables du bleu indigo que vous produisez, survolant le bleu ciel jusqu’au parme. Quelle harmonie de composition ! Un détail m’a surpris toutefois. Insolite dans ce nuancier. Avez-vous deviné lequel ? »

Roselyne et Melina se mirent à chercher. En vain.

Satisfaite de sa sagacité supérieure aux jeunes filles, Rosemary eut pitié de leur médiocre cogitation : les douze jeunes filles portent toutes une ceinture émeraude. Une couleur verte qui tranche sur le thème chromatique choisi. N’est-ce pas curieux ? »

Ses deux amies s’exclamèrent de concert, et la félicitèrent pour ses talents d’observatrice.  

Rhett regarda sa mère. Elle semblait sereine. Il m’est désagréable d’admettre que Vayton a réussi son coup. Le charme et la grâce de Charleston sont bien présents ce soir…

Cette réflexion qui venait de loin s’immisça au plus profond de lui, sans qu’il en prenne garde. Une phrase définitive prononcée à Atlanta, un goût d’amertume dans la bouche…

Il avait soif ! Bon sang, qu’est-ce qu’il avait soif ! Combien de temps cette débauche de robes allait-elle encore durer ? Il commençait à s’impatienter. Regarder les jolies filles dans leurs beaux atours l’avait amusé quelques minutes, mais il s’était vite lassé. Il n’avait plus qu’une hâte, que le sommelier se présente à leur table, et que le bal commence pour qu’il accomplisse son devoir de bon fils en dansant avec sa mère. Ensuite, il retournerait dans son antre où rien ne pourrait plus l’atteindre. 

Il choisit d’interroger Melina. En tant que sœur du couturier, elle devait connaître la réponse.

« Savez-vous combien d’autres robes doivent être présentées ? »

Melina était attirée par Rhett. Pas sentimentalement, mais parce qu’elle trouvait ce personnage étonnant, fantasque, secret, aventurier. Bref, tout ce qui devait faire rêver de nombreuses jeunes filles comme elle. Elle fut heureuse de lui répondre :

« Mon frère m’a parlé de quinze modèles. Donc nous devrions voir apparaître les trois dernières jeunes femmes dans quelques instants. »

En effet, le trio des oiseaux venaient de rejoindre le bâtiment principal. Il y eu une rupture inhabituelle dans le rythme effréné qui s’était instauré depuis le début de la soirée. Les silhouettes à l’étage s’étaient figées.

Melina commenta : « C’est le grand final. Mon frère doit être dans tous ses états ! »

Pendant toute la représentation, Duncan avait été attentif au moindre mouvement des modèles de l’Iron Palace, ne portant aucun intérêt à leur corps mais à la chute du tissu, et à la réussite de la coupe réalisée par ses « petites mains ». Il était fier d’elles ce soir, et de Blanche. Qu’aurait-il fait sans elle pour organiser ce spectacle, en plus d’avoir parfaitement dirigé ses couturières ? Et ce n’était que le début…

Bientôt, bientôt, j’aurai ma récompense… Encore quelques minutes, et je pourrai l’admirer, comme j’en ai rêvée depuis des mois !

 Il avait averti Blanche. Il ne voulait pas voir son chef d’œuvre porté par Madame O’Hara avant le défilé. C’était son plaisir, sa fantaisie de faire durer le plus longtemps possible la surprise d’admirer sa muse dans le fourreau de lumière qu’il avait imaginé pour elle. Rien qu’à cette pensée, son cœur s’emballa. Il se moqua de lui-même. Je risque de faire un arrêt cardiaque bientôt dans ces conditions !

 

« Mère, est-ce bientôt notre tour ? Cela fait longtemps que nous attendons. Les robes sont très belles d’ici, mais je suis impatiente de montrer la mienne. »

Scarlett émit un petit rire discret, répondant à l’impatience retenue de sa fille. De là où elle et ses deux enfants étaient installés, au fond de l’immense salle du rez-de-chaussée, Ils avaient une vue plongeante sur les mannequins exécutant leur chorégraphie, à l’intérieur et autour du balcon de la loggia. En se tenant debout, elle avait pu voir, ainsi que Wade, les modèles défilant le long des tables du jardin illuminé. Ella les avait regardées, debout sur une chaise.

Scarlett ne regrettait pas de ne pas être parmi les spectateurs. Il nous a gardées pour la fin, Ella et moi. Pour que je porte le chef d’œuvre de la collection de « La Mode Duncan », comme dit la Française. Je trouverais cela parfaitement romanesque…. Si ce cher Duncan avait été honnête dès le départ.

 

La première assistante de Blanche Bonsart s’approcha d’elle, un écrin en velours noir à la main, et le lui tendit.

« Monsieur Vayton a insisté pour que je vous les présente au dernier moment. »

Elle ne s’embarrassa pas des sourcils levés en signe de perplexité de la jolie dame bénéficiant des attentions de son patron, et obéit aux ordres. Elle ouvrit le petit coffret.

Scarlett mit sa main sur la bouche pour ne pas laisser échapper un cri d’ébahissement. Quelle beauté !

Sous les lustres illuminant le vaste salon, une rivière d’émeraudes et de diamants, accompagnée de pendants d’oreille, luisait de mille feux. (*4)

«Cette parure est à couper le souffle. Je vous remercie de me la montrer pour distraire notre attente. »

« Madame, pourriez-vous, s’il vous plait, soulever un peu votre chevelure afin que j’accroche le collier ? »

Le cerveau de Scarlett se remit du choc. «Je ne peux accepter la responsabilité de porter de tels joyaux. » Cette phrase fut récitée par pure automatisme de grande dame. En fait, elle trépignait de les revêtir au moins pendant quelques minutes.

 Pour toute réponse à ses doutes, l’employée modèle précisa, tout en bloquant le fermoir : « Ce sont les ordres de Monsieur Vayton. La taille sied parfaitement à votre tour de cou. »

En dépit de la nervosité qui parcourait toutes les employées dévouées à la préparation des mannequins, la première assistante n’eut aucun mal à suspendre autour de ses oreilles les boules de diamants retenant les gouttes d’émeraude.

Sur ce, avec un petit hochement de tête, elle repartit en laissant une Scarlett émerveillée.

Duncan, vous êtes fou ! Quel honneur faites-vous à quelqu’un que vous n’avez rencontré que trois fois de lui consacrer votre modèle phare, et de lui faire porter des bijoux dont je n’ose imaginer la valeur ?

Elle se redressa. Heureuse de constater que son pouvoir de séduction sur les hommes était toujours aussi puissant.

Wade se tenait debout, l’allure calme. Mais une angoisse sous-jacente le tenaillait de plus en plus. Il avait peur que sa petite sœur soit impressionnée par la foule, qu’elle panique, qu’elle n’ose plus faire un pas. Il regarda sa mère. Si belle…. Elle la protégerait, comme elle l’avait toujours fait.

« Blanche vient de nous avertir. Les deux dames en robe vertes vont d’abord défiler, descendre dans le jardin, puis vont venir te chercher. Ne t’inquiète pas, je suis là, et je te rejoindrai très vite. »

Puis, s’adressant à son fils : « Wade, Blanche t’as bien expliqué ce que tu devais faire, n’est-ce pas ? Je compte sur toi ! » En signe d’encouragement, elle caressa légèrement sa manche.

Investi de la confiance de sa mère, le garçon répondit : « N’ayez aucune crainte. Je veillerai sur ma sœur. »

Scarlett, décidément gagnée par des impulsions maternelles inhabituelles, se permit une caresse dans les cheveux de sa fille. Ella Lorena Kennedy transformée en fée de la soirée dans la ville la plus collet-monté du Sud !

Quant à moi… je ne préfère pas imaginer ce qui va se passer quand on reconnaîtra la feu Madame Butler ! Du cran ! J’ai fait face à l’armée de Sherman. J’imagine que je pourrai affronter le regard hostile de n’importe quel Charlestonien ce soir.

 

La minute de flottement, qui avait suivi la découverte des douze tenues Haute Couture, avait permis à l’assemblée de discuter plus librement avec leurs voisins de table. Le constat de la représentation de mode était d’ors et déjà dressé : une réussite complète, l’événement de l’année à Charleston, voire de la décennie, selon certains commentateurs un peu trop excessifs.

La nuit commençait à inonder le quai de la Battery. Peu importait. La profusion des torches suspendues et des lampes de table éclairaient le jardin comme en plein jour. Les deux étages de la demeure de « La Mode Duncan » étaient aussi illuminés que les flammes d’un foyer. Les lampadaires suspendus autour des balustrades extérieures agrandissaient le halo des arches, et transformaient les silhouettes féminines en feux follets mystérieux. 

Soudainement, on entendit les premières notes du piano. Des « chut ! » furent murmurés de part et d’autre du jardin.

Le célèbre Aura Lea s’éleva dans la nuit, ajoutant à la magie de l’instant. (*5)

La musique d'Aura Lee, créée en 1861 pendant la Guerre de Sécession, et reprise plus tard par Elvis Presley pour "Love me Tender", est jouée au piano, telle qu'elle est interprétée lors du défilé de mode.

 

Au même moment, le pourtour des deux loggias fut envahi par un essaim de jeunes filles. Six mannequins au premier étage, les six autres au rez-de chaussée, venaient de reprendre leur chorégraphie de disparitions, croisements, farandoles à l’intérieur, et réapparitions, au rythme langoureux d’une des plus célèbres balades sentimentales du temps de guerre.

C’est alors qu’apparurent, sur les marches du perron deux élégantes qui étonnèrent par les tons à dominante verte de leurs robes.

Les quatorze mannequins du défilé de mode de Duncan Vayton paradent autour des piazzas du 26 South Battery, Charleston, Caroline du Sud, dans le roman The Boutique Robillard.

Les quatorze mannequins du défilé de mode de Duncan Vayton paradent autour des piazzas du 26 South Battery, Charleston, Caroline du Sud, dans le roman The Boutique Robillard.

 

D’un ton solennel, le Maître de cérémonie annonça : « Mesdames et Messieurs, La Pêche et sa Fleur, Le Pêcher d’Atlanta ! »

Des quatre coins des tablées, des applaudissements unanimes lui répondirent. A l’exception d’une personne.

Rhett, qui commençait à sombrer dans un brouillard d’ennui, sortit brutalement de sa torpeur. Son cœur fit un bond. Les mots se fracassèrent dans sa mémoire : « pêcher, Atlanta ». Atlanta, Peachtree Street, ma maison, Scarlett, les enfants, ma famille…

Son malaise devait se lire sur son visage, car la main de Roselyne se posa sur la sienne : « Vous sentez-vous mal, Rhett ? »

Il mima son sourire nonchalant habituel. Mais celui-ci n’atteint pas ses yeux. « Un petit trouble passager. Tout va bien, ma chère Roselyne. Je suis touché que vous vous inquiétiez pour moi. C’est me faire trop d’honneur. »

Ces paroles caressantes eurent l’effet escompté : Roselyne rougit, sa main trembla, elle la retira et la posa sagement sur la table. 

Les treizième et quatorzième mannequins venaient d’emprunter, elles aussi, le tapis de l’allée centrale.

Les dames de Charleston scrutèrent le vêtement hommage à la ville georgienne. Les jupes en velours de soie étaient aux couleurs du fameux vert sombre Charleston, surmontés d’un voile en vert tendre et de tendres duvets blancs.  La même ceinture en soie émeraude, accessoire désormais familier, parachevait la cohésion aux quatorze modèles.

 Sur l’une d’elles, d’impressionnantes fleurs de pêcher aux délicates pétales roses recouvraient en partie la jupe. Grâce au stratagème imaginé par l’artiste et concrétisé par les broderies sophistiquées des « petites mains », elles étaient dissimulées dans l’ombre de la végétation verte. L’effet de perspective était vivifié par l’application de plus petites fleurs plaquées sur le dessus, cette fois-ci d’un rose vif.

Si tous ne purent manquer le bouquet en pétales de soie ornant la naissance du corsage, les plus fins observateurs – Rebecca fut évidemment une de ceux-ci – se rendirent compte de la présence d’un intrus. Une abeille butinait le précieux pollen du pêcher à l’intérieur de la corolle. Elle avait réussi à se fondre dans le fond du feuillage, mais faisait une apparition plus franche sur les petites fleurs du premier plan, jusqu’à se poser avec aplomb sur la mousseline enroulée sur les avant-bras de la jeune fille.

Modèle 13. Scarlett O'Hara portant une robe brodée de fleurs de pêchers d'Atlanta - (Création d'Arlette Dambron, pour le roman La Boutique Robillard.)

Modèle 13. Scarlett O'Hara portant une robe brodée de fleurs de pêchers d'Atlanta - (Création d'Arlette Dambron, pour le roman La Boutique Robillard.)

 

L’avant-dernier mannequin du défilé portait des pêches, à la peau bigarrée de rouge, rose et vert clair, dans les replis de sa jupe et sur la corolle. Quartiers de pêches charnues et noyaux écarlates regorgeant de suc sous les rayons du soleil apparaissaient en perspective, comme une incitation à être récoltés.

Modèle 14. Scarlett O'Hara portant une robe portant des pêches de Georgie - (Création d'Arlette Dambron, pour le roman La Boutique Robillard.)

Modèle 14. Scarlett O'Hara portant une robe portant des pêches de Georgie - (Création d'Arlette Dambron, pour le roman La Boutique Robillard.)

 

A la table des Paxton, Gladys ne savait comment dissimuler sa honte devant l’excitation ostensible de son mari. Il gigotait sur la chaise et lançait sans gêne un coup d’œil égrillard à chaque New Yorkaise. Peut-être aussi par tentative désespérée de susciter la jalousie de son ancienne maîtresse, il insinua : «Ces fruits juteux me donnent envie de les dévorer à pleines dents ! »

 Gladys rougit, et maudit une nouvelle fois les mauvaises manières de Petyr Matisson.  Étonnamment, John renchérit sur les propos déplacés de l’époux de son amie, en ajoutant : «Ces abeilles sont bien chanceuses de pouvoir butiner de telles tentations…. »

Gladys manqua de s’étrangler avec la petite gorgée d’eau qu’elle avait avalée pour essayer de laver l’affront conjugal. Mais là, c’était plus grave ! Comment « son » John, si parfait, pouvait se laisser aller ainsi en public ? Quant à Petyr, il parut ravi de ce sous-entendu, si similaire au sien, et éclairant le frère de sa maîtresse sous un nouveau jour.

Rebecca, elle, haussa un sourcil agrémenté d’un mouvement ironique des lèvres. Ce qui n’échappa pas à John. Il se pencha vers sa sœur en lui murmurant à l’oreille : «Ce lubrique de Matisson va pouvoir raconter à notre cercle à quel point le célibataire Paxton aime batifoler. Ce qui m’arrange. Car je n’ai envie de butiner qu’une seule fleur… »

L’esquisse d’un sourire s’épanouit sur les lèvres pulpeuses de la veuve Mansfied. Elle accepta sans un mot sa légère caresse sur le dos de la main.

Lorsque Les Pêchers d’Atlanta furent à nouveau près des escaliers, elles marquèrent un temps d’arrêt et se tournèrent vers les marches.

Les douze silhouettes s’étaient figées à l’extérieur des deux loggias.

Le solo de piano s’accompagna aussitôt des sonorités douces du violon et des notes gaies du banjo, donnant à Aura Lea des accents légers. (*6)

Version instrumentale d'Aura Lee, avec images des soldats de la Guerre de Sécession.

 

Les spectateurs retinrent leur souffle, attendant le bouquet final.

Duncan trépignait, ne cachant plus son impatience.

Melina, comme beaucoup des dames présentes, mourraient de curiosité de découvrir le quinzième modèle, le chef d’œuvre du de Duncan Vayton.

« Quelle merveilleuse mise en scène pour que la surprise soit complète ! » Se tournant vers le seul avis masculin à sa portée, elle lui demanda : « Ne trouvez-vous pas, Rhett ? »

Celui-ci acquiesça en forçant son enthousiasme. Il décida de complaire à l’humeur de sa jeune et amicale voisine, et se tourna, lui aussi, vers les escaliers.

Ce ne fut pas une personne, mais deux, qui franchirent la porte.

«Oh ! » On entendit des cris d’exclamation jusqu’au fond du jardin : « Oh ! ». Le coup de théâtre était réussi. Deux enfants s’étaient immobilisés en haut des marches.

Un bel adolescent, élégamment vêtu en vrai gentleman du Sud, tenait la main d’une petite fille.

Sous l’effet des nombreuses torches allumées, l’enfant scintillait de mille feux produits par une pluie d’étoiles argentées déversées sur le tissu vert tendre et lustré de la robe. Ses longs cheveux roux semblaient sur le point de prendre feu, tant la forte luminosité intensifiait les reflets cuivrés de ses boucles entremêlés aux rubans vert émeraude.

Son jupon blanc empesé dépassait de la jupe. Elle agrippait dans un bras une poupée en porcelaine, aux mêmes cheveux roux et robe verte étoilée. Ce détail ajoutait à l’esprit enchanteur de cette apparition, sorti d’un conte de fée pour enfants.

Modèle n°15. Ella Lorena Kennedy, la fille de Scarlett O'Hara, participe au défilé de mode en portant une robe de princesse constellée d'étoiles. (création Arlette Dambron - visage emprunté à la peinture du peintre du XIXe siècle Etienne Adolphe Piot.)

Modèle n°15. Ella Lorena Kennedy, la fille de Scarlett O'Hara, participe au défilé de mode en portant une robe de princesse constellée d'étoiles. (création Arlette Dambron - visage emprunté à la peinture du peintre du XIXe siècle Etienne Adolphe Piot.)

 

Hommes et femmes furent gagnés par la douceur du tableau.

Cathleen était émue. Elle qui rêvait tant de progéniture pour Duncan et Melina, sentit son cœur fondre devant ses deux gravures d’enfants sages.

A la seconde où ils avaient franchi la porte, le cœur de Rhett s’emballa. Sa main agrippa le dos de la chaise au risque de briser le bois.

C’est encore une de mes hallucinations. Mon esprit est tellement embrumé par l’alcool depuis des mois que la seule évocation de « peachtree » m’a fait penser à eux. Ce sont juste deux enfants qui leur ressemblent parce qu’elle a les cheveux roux et qu’il est plus grand. D’ailleurs, comment pourrais-je les reconnaître. Cela fait plus de deux et demi que je ne les ai vus. Quel âge avait Ella quand je suis parti ? Six ans et demi ? Et Wade dix ans ? Le garçon devant moi a presque l’air d’un jeune homme maintenant. Tellement grand… et ressemblant de plus en plus à Charles Hamilton. Je ne comprends pas. Je deviens fou ! 

Il poussa un gémissement et se prit la tête dans les mains.

Autour de lui, les femmes furent surprises par sa détresse soudaine. Madame Butler regarda plus attentivement les deux enfants qui leur faisaient face. Pourquoi cette réaction ? Serait-ce ? Non ! Pourquoi les enfants de Scarlett se retrouveraient-ils à Charleston, faisant en plus partie de la représentation de mode de leur voisin ?

Puis son fils leva la tête et la regarda. C’était un appel à l’aide d’un enfant à sa mère, avant qu’il ne sombre dans la folie. Elle ne sut quoi lui dire. Simplement : « Rhett ! » d’un ton qui se voulait le plus apaisant possible.

Il lui adressa un regard affolé. Un animal effrayé attendant l’hallali ! reconnut-elle tristement. Puis il fixa à nouveau son regard sur les deux enfants.

Cathleen se permit d’interroger discrètement sa voisine. « Votre fils ne se sent pas bien ? »

De guerre lasse, Eleonor avoua : « Non, ces deux petits lui font penser, je ne sais pourquoi, à ses deux beaux-enfants, les enfants de son ancienne femme. »

« Ah ! Je suis désolée pour lui. Votre fils a tellement souffert avec la perte de votre petite fille, m’avez-vous dit. Il est normal que la vue d’un enfant l’émeuve. »

Mais Cathleen pensa, au fond d’elle-même, que le Capitaine Butler était vraiment fragile pour que son humeur soit altérée par la simple vision d’un bambin quelconque.

Rhett se dit que tout cela n’était qu’un rêve. Mais, au tréfonds de lui, il savait. Il avait été présent quelques mois après la naissance de Wade. Il avait rêvé que l’enfant que Scarlett portait soit le sien, au lieu de Frank. Il les avait tenus dans les bras, réconfortés. Et, pendant son mariage avec Scarlett, il avait eu l’impression de les traiter comme les siens. Enfin… pas vraiment, pas comme sa Bonnie. Qu’est-ce que tout cela voulait-il dire ? Serait-ce à cause des tantes Robillard ? Peut-être étaient-ils en vacances chez elles, et Vayton avait fait leur connaissance par hasard pour les introduire ensuite dans sa petite fête ? »

Toutes ces longues spéculations furent émises en un éclair. Il assista au moment où Wade – Wade ? Vraiment ? – tenant fermement sa sœur par la main, l’aida à descendre les marches. En bas des escaliers, il vit le garçon soulever son chapeau pour la saluer. Il se courba et lui fit le baise-main, comme pour une Dame d’Atlanta.

Rhett surprit le regard ébahi d’Ella qui en aurait presque éclaté de rire de voir son frère si galant avec elle.

Après l’avait saluée en digne gentilhomme, il s’éloigna en direction de Vayton, remplacé aussitôt par les modèles Peachtree d’Atlanta.

Cela crève les yeux ! Bien sûr que ce sont mes beaux-enfants !

Les mannequins Pêches de Géorgie et Pêchers d'Atlanta encadrèrent la petite fille et lui tinrent la main.

Ella Lorena Kennedy, la fille de Scarlett O'Hara, entourée des modèle de Peachtree alors que les douze autres mannequins paradent sur les piazzas du 26 South Battery, Charleston, dans le roman The Boutique Robillard.

Ella Lorena Kennedy, la fille de Scarlett O'Hara, entourée des modèle de Peachtree alors que les douze autres mannequins paradent sur les piazzas du 26 South Battery, Charleston, dans le roman The Boutique Robillard.

 

Le porte-voix annonça solennellement : « J’ai le plaisir de vous présenter La Princesse d’Atlanta ! ».

On entendit des « Bravo ! Bravo ! » de toutes parts. On communiquait de table en table, félicitant leur hôte de les avoir gratifiés d’une si charmante surprise.

Cathleen et les femmes qui l’accompagnaient applaudirent à tout rompre.

Une main toujours agrippée au dos de la chaise, comme s’il avait peur de s’effondrer, l’autre refermée en un point serré, les yeux de Rhett s’étaient embués. Comme tu es jolie, ma petite fille ! Scarlett serait si fière de te voir éblouir tout Charleston !

Son cœur se serra à la vue de Wade, le si affectueux Wade, se tenant maintenant aux côtés de son voisin.

C’est à ce moment-là que les deux accompagnatrices d’Ella lui lâchèrent la main pour disparaître discrètement par l’entrée principale du bâtiment.

La timide fille de Frank Kennedy se retrouva seule face à la foule qui la regardait. Mère m’a dit d’être courageuse. Il faut que je lui fasse honneur. Tous ces gens me sourient, et m’ont applaudie. Est-ce que cela veut dire qu’ils me trouvent jolie ?  Elle rougit de plaisir à cette possibilité qui ressemblait à un rêve. Mère m’a assurée que l’attente ne durerait qu’une minute.

Elle se tourna vers sa gauche, et croisa le regard de l’ami de sa mère qui avait cousu sa robe de princesse. Il lui souriait gentiment. N’aie pas peur !  se rassura-t-elle. Lui aussi te protège.

On fut surpris de voir cette petite fille dans l’attente. « De quoi ? De qui ? D’un autre modèle ? Il était censé n’y en avoir que quinze. » Les participants à la fête se demandaient qui allait encore surgir du balcon.

Les notes d’Aura Lea se fondirent pour enchaîner sur une des plus célèbres chansons d’amour populaires pendant la guerre, Lorena (*7)

Lorena, chanson de 1857, célébrissime pendant la Guerre de Sécession - Version instrumentale au violon (et au piano) par Appalachian Mountain Fiddler

 

La sonorité pure du violon s’éleva dans les airs du jardin de la Battery, tranchant avec le répertoire qui avait été joué jusqu’ici.  Certes, là encore, il s’agissait de l’histoire d’un amour empêché et de deux cœurs brisés. Elle avait surtout symbolisé la douleur de séparation et l’absence des soldats pendant la guerre, à tel point que certains États-Majors avaient voulu la bannir du front car elle cassait le moral des combattants. Le violon privé de toute fioriture et d’instruments d’accompagnement donna la chair de poule aussi bien aux vieux briscards militaires qu’aux dames présentes.  

Duncan Vayton avait exigé que ce célèbre morceau soit interprété aussi sobrement, au contraire de Melina qui aurait voulu tout de suite l’agrémenter des paroles romantiques. «Pour le lancement de ton chef d’œuvre, ne crois-tu pas que ce soit un peu trop tragique ? » Rien n’y fit. Son frère tint bon.  

Au milieu de ce faste d’élégance et de luxe, l'air lancinant vibra aux accents d’une plainte douloureuse.  Aux premiers accords de musique, le cœur de Duncan se serra douloureusement. Un trou béant menaça de l’engloutir mais se referma aussitôt. Le Prince de la Mode fixa, le cœur battant, celle qui allait s’avancer en cadence de Lorena.

Rhett n’entendait plus la musique. Il ne quittait pas Ella du regard. Il était en symbiose avec elle. Il attendait, pris dans un tourbillon où toute pensée se trouvait gelée. Seul son corps réagissait, ses muscles tendus guettant un relâchement libérateur.

D’abord un froissement d’étoffe. Le claquement des escarpins à talons sur le plancher de la piazza.

Scarlett O'Hara s'avançant sur la piazza du 26 South Battery, Charleston, Caroline du Sud, pour le roman The Boutique Robillard.

Scarlett O'Hara s'avançant sur la piazza du 26 South Battery, Charleston, Caroline du Sud, pour le roman The Boutique Robillard.

 

Son ouïe perçut les onomatopées – « Oh ! », « Ah ! », « Whoa ! », de surprise et d’émerveillement, jetés à travers le jardin.

Lui s’entêta quelques instants à fixer le bout des mules dépassant d’une jupe dorée. Son cœur battait si vite qu’il avait la sensation que, s’il levait la tête un peu plus, il allait s’arrêter de respirer, glacé par la déception.

Car, même si le courage lui manquait pour lever son regard sur celle qui s’avançait, son corps, lui, l’avait détectée. Toutes ses terminaisons nerveuses conduisaient à se connecter avec elle, par une reconnaissance familière. Il enfonça encore plus les ongles dans ses paumes, pour que la souffrance de sa peau meurtrie le fasse revenir à la raison, ou plutôt pour qu’elle continue à faire vivre ce fol espoir, celui que ce soit elle.

La valse des torchères, lanternes et lampes de table transformait les mèches enflammées en luminosité incandescente qui enveloppait, tel un spectre, les contours de la silhouette. Chaque brin de fil métallique, brodé sur la soierie luxueuse, capturait la moindre lumière évanescente, pour la libérer ensuite en un éclatement d’étincelles d’or, d’argent et de pierres précieuses. Car l’iris sombre de Rhett, noyé par l’émotion, ne transmettait plus à son cerveau que des étincelles multicolores brouillant sa vision.

L’œil remonta sur les hanches aux courbes magnifiées par la corolle de soie, et s’immobilisa sur la taille galbée par le bustier crémeux. Cette taille si fine qu’il avait convoitée pour l’encercler entre ses bras, depuis un fameux barbecue de 1861, dans l’espoir de pouvoir à jamais la retenir prisonnière.

Des éclairs d’émeraude, aux angles vifs, menaçaient de foudroyer celui qui s’enhardirait à étreindre cette taille, à l’endroit précis où un renflement voluptueux annonçait la naissance de la poitrine.

La gorge de Rhett était sèche. De l’eau aurait peut-être suffi à l’hydrater, mais il ne voulait – il ne pouvait – prendre le risque de détacher son regard un instant de ces formes hypnotiques pour se servir un verre.

La silhouette avançait lentement. Pas la divine prêtresse antique Karomama, vieille de plus de deux-mille ans, qui avait réussi, dans ses hallucinations, à muter en ersatz de sa femme, mais la vraie Scarlett, faite de chair et de sang, dont les hanches ondulaient sensuellement dans sa direction. Ou du moins il essaya follement de se convaincre que son corps l’avait reconnu, et venait le rejoindre pour qu’ils puissent s’unir.

Sa respiration se fit haletante – il n’avait cure qu’on puisse l’entendre autour de lui. Son ouïe ne percevait plus que le bouillonnement frénétique du sang qui affluait dans ses veines jusqu’à frapper sporadiquement ses tempes.

La rondeur de ses seins. Il se passa la langue sur les lèvres pour tenter de les humidifier. Quand était-ce, la dernière fois ? Oui ! Bien sûr, comment pourrait-il occulter de sa mémoire la dernière nuit où il avait osé les emprisonner dans ses mains, faire tressauter le mamelon rougi par le désir, jusqu’au moment d’extase où sa bouche s’en était délecté.

L’échancrure généreuse du corsage révélait la carnation nacrée de sa peau. De longues boucles noires en épousaient ses formes.

Ses cheveux étaient déployés, sans la restriction d’un chignon.

Son sang ne fit qu’un tour. Comment a-t-il osé ?

Comme une fulgurance, il identifia la source de sa colère, son voisin. Vayton ! Ce bâtard ! 

Il ne comprenait pas - n’était pas en mesure pour l’instant d’analyser – pourquoi Scarlett se retrouvait ce soir dans ce damné défilé de mode. Une certitude s’imposait pour l’instant : C’est lui qui a eu l’impudence de lui faire revêtir cette tenue trop décolletée, et a laissé tomber ses cheveux sans contrainte, alors qu’elle ne se le permet que dans l’intimité de la chambre.

Sa chevelure… Lui seul était en droit de la libérer de son carcan. Lui seul était en droit d’admirer la cascade de ses longues mèches, sombres comme l’ébène, ruisselant sur ses épaules nues. Lui seul était en droit de les faire se noyer dans la pliure intime séparant les deux globes de ses seins.

Mais cette coiffure, révélée aux vues et aux sues de tous les mâles présents ce soir, le rendit ivre de jalousie. Ce salopard l’a exposée aux yeux de tous, alors que moi seul

Non, je n’ai plus aucun droit. C’est moi qui ai divorcé, dut-il reconnaître amèrement.

Des images cauchemardesques défilèrent. Vayton enlevant les épingles de ses cheveux, étirant sans retenue ses mèches soyeuses sur son corps, les caressant, les humant, les embrassant…

« Non ! » Un cri de révolte jaillit du plus profond de ses entrailles.

Rhett Butler en colère.

Rhett Butler en colère.

 

Les digressions de Rhett n’avaient duré que l’espace d’une minute, à peine assez pour que Scarlett ait commencé à faire quelques pas sur le balcon.

Il n’avait même pas réalisé qu’il s’était levé de table, au premier bruit de pas.

Cathleen, Melina et Roselyne le regardaient, médusées. Qu’est-ce qu’il lui prend ? Pourquoi cette exhibition devant nous tous ? La mère de Duncan n’en croyait pas ses yeux. Elle se pencha discrètement vers sa voisine.

Eleonor et Rosemary étaient effondrées. Ainsi, cette Scarlett réapparaissait dans leur vie, à Charleston, au milieu de leurs amis, s’exhibant comme mannequin ! Elle ne cesserait donc jamais de salir le nom de Rhett ?

«J’espère que vous ne m’en voudrez pas pour cette réflexion, ma chère Eleonor. Mais votre fils paraît avoir vu un fantôme ! »

Sa voisine hocha la tête tristement. « C’est exactement cela. La femme qui se tient devant nous est son ancienne femme. »

Les trois Charlestoniennes en furent abasourdies. La mère de Duncan Vayton afficha son incompréhension. « Mais… Scarlett O’Hara est en affaire avec mon fils. Je l’ai reçue chez nous il y a moins de trois mois de cela. Je n’aurais jamais pensé… Entre nous, je peux vous confier être très surprise que mon fils l’ait choisie pour représenter sa création, alors qu’il la connaît à peine. Qui sont l’adorable petite fille et le garçon ? »

Eleonor répondit laconiquement : « Ce sont les enfants de Scarlett. »

Roselyne ne manqua pas une bride de la conversation.

Madame Vayton n’avait toujours pas élucidé un mystère : « Madame O’Hara ne nous a pas aucunement dit que la maison voisine de la nôtre était celle de son ancienne belle-mère. »

Eleonor prit un air gêné. « Je crois honnêtement qu’elle n’en avait aucune idée. Je ne l’ai jamais reçue chez moi. »

Les deux femmes Vayton en faillirent tomber de leur chaise. Ni l’une ni l’autre n’osèrent questionner plus avant Madame Butler, mais il leur sembla bien étrange que la femme de Rhett n’ait jamais été invitée par sa belle-mère.

« Encore lui pour se démarquer et créer un scandale ! » remarqua l’un des invités réunis dans le jardin. « Un seul se tient debout – en dehors du maître des lieux - et c’est Rhett Butler ! » « Je ne suis pas surpris. Il est de notoriété publique qu’il est ivre tous les soirs. C’est encore une de ses manifestations d’ébriété ! » remarqua un autre gentleman de l’assistance, qui tut le fait que, s’il était en mesure de divulguer cette information, c’était parce qu’il fréquentait assidûment le Gentlemen’s Club, et en particulier le deuxième étage du Haven.

Parmi les bonnes dames de l’assistance, Eulalie et Pauline Robillard étaient bouleversées. Tout avait si bien commencé ! Elles avaient conscience que le statut de natives de Savannah ne leur aurait pas permis de faire partie des quelques privilégiés invités par la prestigieuse famille Vayton. Et voilà que l’ancien mari de Scarlett réapparaissait ! Bien entendu, avec l’aide de leur nièce, le scandale allait à nouveau salir la famille Robillard par ricochet.

L’exclamation de révolte de Rhett fit se retourner Wade. Celui-ci, en voyant son ancien beau-père debout fixant sa mère, se dit avec tristesse que sa présence parmi eux allait sûrement gâcher l’ambiance féerique.

A cet instant, le Maître de la manifestation culturelle la plus importante de Caroline du Sud pour les années à venir n’était plus qu’un homme transi d’amour hypnotisé par la beauté éclatante de la jeune femme.

L’objet de ses fantasmes depuis cent jours se tenait bien droit, s’avança magistralement au pas synchronisé avec le chant du violon, le port altier égal à une reine. Ma reine !

 

Scarlett O'Hara, les cheveux libérés, porte la robe Electric Light de Charles Frederick Worth, pour le défilé de mode de Charleston en 1876, dans le roman The Boutique Robillard.

Scarlett O'Hara, les cheveux libérés, porte la robe Electric Light de Charles Frederick Worth, pour le défilé de mode de Charleston en 1876, dans le roman The Boutique Robillard.

 

La complexité des juxtapositions de paillettes émaillées, perles de verre coloré et fils métalliques, imbriqués dans les drapés et pliures sophistiqués, avait réussi à créer l’effet recherché.

Sous le prisme de la lumière, la robe était devenue incandescente. Le feu commençait à entamer les rubans brillants glissés entre les volants de la jupe, remontait, puis se dispersait en centaines de pépites émeraudes et argentés jetées sur la corolle. Il reprenait enfin des forces en étant magnifié par les éclairs émeraude du bustier.

La foudre avait frappé les épaulettes et l’armature du contour des bras, enflammant les braises hérissées des filaments dorés et argentés.

Le tulle d’organza diaphane, jeté dans le dos, tentait d’apaiser le feu qui couvait sous cette robe passion. C’était bataille perdue, car une myriade de paillettes brûlantes transformaient en joyaux les yeux émeraude de Scarlett dont l’éclat concurrençait l’époustouflante parure d’émeraudes et de diamants.

Cette composition artistique unique concluait l’hymne à la nature célébrée toute la soirée par la parade irisée de plumes de paon bleu et vert métalliques, couchées sur une délicate et longue broche en argent fixée en haut de la cascade de la chevelure.

Indéniablement le plus beau chef d’œuvre que j’aurais accompli dans ma vie de créateur Haute Couture ! Mais comment en aurait-il pu être autrement avec une telle muse pour source d’inspiration ? 

Le regard du couturier divagua un instant pour admirer sa collection au grand complet : sur les deux niveaux de la piazza, les quatorze mannequins déployaient un éventail composé de plumes émeraude au rythme de la musique. Par de délicats mouvements, elles ondulaient en vagues au rythme de la musique. 

La "Foudre de Géorgie" Scarlett O'Hara pose avec sa fille Ella devant le palace du 26 South Battery, Charleston, où paradent les quatorze mannequins, dans la fanfiction d'Autant en Emporte le Vent.

La "Foudre de Géorgie" Scarlett O'Hara pose avec sa fille Ella devant le palace du 26 South Battery, Charleston, où paradent les quatorze mannequins, dans la fanfiction d'Autant en Emporte le Vent.

 Beau travail !  se félicita-t-il.

Il répercuterait, dès demain, ce même compliment à Blanche Bonsart. Elle avait rejoint la foule dans le jardin, mais était restée aux premières loges pour parachever son contrôle de Directrice de la prestigieuse Maison de Couture. La Lilloise irradiait de fierté. Bien méritée ! conclut son patron.

Il ne perdit plus une autre seconde afin de se repaître de l’apparition de celle qui avait bouleversé le rythme des battements de son cœur au premier regard.

Du haut de la piazza, Scarlett chercha du regard Duncan, et le trouva à côté de son fils. Toutes fossettes dehors, elle répondit au sourire ravageur du talentueux couturier.

Elle jeta un regard altier à l’assistance ébahie. Charleston, me voilà, plus forte que jamais ! Voyons quelle va être votre réaction lorsque vous comprendrez que votre enfant chéri est honoré par la présence de celle dont vous avez dit pis que pendre, la scandaleuse divorcée de votre natif Rhett Butler !

Heureusement, son sourire narquois adressé aux dames et gentlemen de la bonne société ne pouvait être deviné par eux, à cette distance.  

Elle agrippa le bord de sa traîne pour la suspendre à l’anneau discret cousu à cet effet, en induisant un élégant drapé, et s’apprêtait à « descendre dans l’arène » en toute sécurité.

Un cri retentissant creva le silence révérencieux des invités qui attendaient la suite du spectacle. Scarlett tourna instinctivement la tête vers l’endroit d’où venait de surgir un intelligible « Non ! »

C’est là qu’elle le vit, à quelques mètres d’elle seulement. Debout. Pâle. Figé comme une statue. Son regard noir scellé à elle.

 

Elle eut l’impression que le sang quittait son visage. Elle serra les dents, de peur que le fourmillement des émotions contradictoires qui l’assaillaient, franchissent ses lèvres en un flot de phrases incohérentes.

Que faites-vous ici ? Allez-vous tout gâcher encore une fois, au moment où je relève la tête ? Craignez-vous que je vienne troubler, ce soir, le charme et la grâce de votre société bien-pensante ? Vous ne pouvez plus me faire mal, Rhett Butler, même si vos injures pour me contraindre à divorcer m’ont marquée au fer rouge ! 

Le menton relevé signalant le début des hostilités, ses iris lui lancèrent des éclairs, d’un vert plus intense que ceux qui enflammaient son bustier.

Mais il ne bougeait pas. Pas de rictus ironique, pas de haussement des sourcils pour annoncer une saillie moqueuse. Seulement des prunelles rivées aux siennes.

Le tremblement qui la parcourut lui fit craindre de s’écrouler là, devant la foule. Elle eut l’impression que son regard rapace était en mesure de voir sa gorge se soulever anarchiquement sous les battements irréguliers de son cœur.

Saperlipopette ! Comment a-t-il pu garder le même pouvoir de m’impressionner rien que par sa seule présence ? 

Insensibles à la proximité de la centaine de personnes qui avaient leur attention rivée sur eux deux, elle, le modèle phare du défilé de mode, lui, anachroniquement debout et immobile, le couple entama un combat impudique, avec leurs regards pour seules armes.

Pas question de s’échapper. Le premier qui baisserait les yeux serait défait.

Duncan, qui avait perçu le moindre battement de cil de Scarlett depuis son apparition sur la loggia, nota immédiatement son changement d’humeur. Intrigué, il suivit le point vers lequel elle fixait son attention.

Rhett Butler !  Il tressaillit. Au contraire de ce que Eleonor avait affirmé, son fils était finalement venu répondre à son « invitation ». Dieu sait que Duncan n’avait pas incité sa mère à lui envoyer un carton. Mais elle l’avait rassuré sans s’en rendre compte, dès le départ, en lui répétant que le fils aîné des Butler ne viendrait pas, quoi que sa mère ait pu l’en prier.

Il devenait le témoin impuissant de leurs retrouvailles. Pire ! Il en était l’instigateur en ayant joué avec le feu, en acceptant d’inviter ses voisins, en présumant que sa chance allait continuer à le protéger.

Et maintenant, ils étaient face à face. Duncan se sentit rejeté de ce qui était en train de se produire devant lui. Une tragédie ? Une mascarade ? Un règlement de compte ? Tout sauf un échange amoureux, car ça, il ne pourrait pas le supporter.

Il faut que je me calme, que j’aie confiance en Scarlett. Il l’a blessée. Elle ne le laissera pas revenir dans sa vie. Scarlett est à moi maintenant. Il le faut ! 

Ses ongles manucurés s’enfoncèrent dans sa paume, mais la douleur physique ressentit ne parvint pas à concurrencer celle qui le submergeait de voir les deux anciens époux hypnotisés l’un par l’autre.

Au milieu de la foule, ils étaient seuls au monde. Leurs pupilles dilatées s’engagèrent dans une valse où les iris sombres de Rhett allaient de droite à gauche, suivant le moindre vacillement des yeux verts de Scarlett, qui essayaient de s’échapper, pour faire marche arrière, et finalement venir se coller à ceux de son adversaire. 

Les mots étaient inutiles, tant leur histoire leur appartenait. Il leur suffisait de se regarder pour comprendre – ou croire comprendre- ce que l’autre pensait à cet instant. Un jeu de répulsion, attraction, amour et haine commença.

La rage de Scarlett, sa colère lancée violemment au visage de Rhett ; la honte de celui-ci ; ses regrets dévoilés ; la rancœur d’avoir été humiliée, mise plus bas qu’à terre pendant leur conversation fatale de novembre 1873 ; les années d’humiliation du mâle castré à qui on déniait le devoir conjugal ; la jalousie de la femme trompée aux vues et au sues de tout Atlanta ; le poison lent injecté dans les veines de Rhett pendant douze ans – et même plus ! – à épier la moindre modulation douce de la voix de Scarlett, l’imperceptible battement de cil masquant son trouble, une rougeur subite colorant le haut de sa poitrine extériorisant une pulsion sensuelle, tous ces signes passionnels adressés à un autre que lui, à Ashley Wilkes…

Scarlett ne supporta plus ce regard qui accusait, qui souffrait. Elle voulut s’en détacher mais, par une puissance dont seul Rhett Butler pouvait faire montre, celui-ci capta à nouveau ses prunelles pour lui raconter une autre histoire.

Leurs yeux s’embuèrent en mémoire de l’amour partagé de leur petite fille ; le trouble des baisers tumultueux de Rhett ; les fossettes de Scarlett ; les bras réconfortants de son mari au sortir d’un cauchemar ; la peau douce, si douce de sa femme, la découverte du plaisir, les mots tendres chuchotés pendant leur dernière nuit…

Les traits de la jeune femme s’adoucirent, répondant au sourire timide de son ancien mari, comme une invitation à reprendre leur joyeuse complicité d’antan.

Scarlett avait le cœur qui battait frénétiquement, follement troublée. Elle avait espéré, elle avait cru, elle s’était convaincue, que son amour pour son mari, révélé sur le tard, s’était aussi vite évanoui après la cruelle attitude de celui-ci. Serait-ce possible que tout ne soit pas fini ?

Ses yeux quittèrent un instant ceux de son ancien amour, dérangés par un mouvement à côté de lui. Une jeune et jolie blonde, collée à la chaise de Rhett, mit sa main sur sa manche d’une manière possessive, comme pour l’attirer et le faire s’asseoir.

La jeune fille de la bonne société que Rhett veut épouser

Écœurée, l’ex-femme trompée leva le menton, lui adressa un dernier regard glacial, et se détourna dédaigneusement de cette homme qui appartenait désormais à son passé.

Sous le choc de ce rejet qui le poignardait en plein cœur, Rhett s’écroula sur sa chaise.

Les deux anciens époux auraient pu avoir l’impression que leur communication visuelle avait duré une éternité, tant son intensité les avait coupés du monde environnant.

En fait, Scarlett n’était restée figée en haut des marches que pendant deux minutes. Deux longues minutes pendant lesquelles l’orchestre continuait à jouer l’air romantique de « Lorena ». Deux minutes un peu plus longues que cela était nécessaire pour que la quinzième robe soit formellement exposée au regard des admirateurs ; assez pour que le jeu auquel ils venaient d’assister suscitent à mi- mot les commentaires de certains qui croyaient « savoir ».

« Butler fixant cette femme. Ne correspond-elle pas à la description de son épouse ? » Le gentleman de la table voisine répondit à cette spéculation. « C’est son ancienne femme. Ils sont divorcés. Vous rendez-vous compte ? Une des plus anciennes familles du Sud salie par un divorce ? » Un autre répondit : « Cela fait longtemps que l’un et l’autre ont sombré dans le scandale. »

Et puis, les voix s’éteignirent. La beauté portant le chef-d’œuvre du prestigieux couturier venait de descendre la dernière marche.

Aussitôt, selon les instructions précises données en amont à l’orchestre, le piano et le banjo accompagnèrent le violon.

 

La tonalité enjouée marqua symboliquement la libération des tensions ressenties par les employées de La Mode Duncan craignant un imprévu au spectacle parfaitement rodé ; les épaules des quatorze mannequins se relâchèrent légèrement en signe de satisfaction de leur mission accomplie ; les jeunes filles frémirent en espérant danser bientôt avec leurs soupirants sous cet air romantique.

Le pied au sol, Scarlett agrippa fermement la main d’Ella qui avait attendu bien patiemment, inconsciente de la tension à laquelle sa mère venait de faire face, tant elle était fascinée par sa robe magique.

Une réelle complicité passa entre la mère et la fille. Une fierté commune, la conscience de vivre un moment partagé unique dont elles se souviendraient toute leur vie.

Sitôt ce tableau de l’amour filial dressé, on oublia le trouble ressenti quelques minutes auparavant, et les médisances qui s’en étaient suivies. Des applaudissements frénétiques claquèrent à travers le jardin, les quatorze modèles firent de même sur les deux balcons, et les militaires tirèrent leur chapeau cérémonieusement en signe d’admiration.

Scarlett n’eut même pas à chercher Duncan du regard. Celui-ci était déjà à ses côtés.

Le maître de cérémonie fit sa dernière annonce : « Mesdames et Messieurs, j’ai l’infime honneur de vous présenter l’œuvre d’art du Prince de la mode, intitulée « Foudre de Géorgie ».

Les acclamations reprirent de plus belle.

Scarlett serra plus fort la main d’Ella. Voilà le moment qu’elle redoutait depuis le début de la représentation : celui où elle et Ella allaient emprunter la grande allée centrale et marcher sous les yeux de ces Charlestoniens qui lui seraient sans nul doute hostiles.

Elle eut un accès de panique, aussitôt perçu par Duncan. Sans un mot, il se courba pour lui baiser la main. Le bleu de ses yeux avait pratiquement disparu, mangé par ses pupilles dilatées par le trouble qui l’avait faire frémir de jalousie il y a quelques minutes, et par l’émotion qui l’étreignait, tant il était fier d’avoir brillamment achevé son exposition aux côtés de de l’éblouissante Scarlett O’Hara. 

Gentiment, il lui passa le bras autour du sien, et regarda Ella : « Etes-vous prête, Princesse ? »

La petite fille murmura un petit « Oui » en lui rendant son sourire.

Duncan déclara à Scarlett, des paillettes dans les yeux : « Allons faire retentir la foudre autour de nous ! »

Il la serra un peu plus contre lui, et les entraîna toutes les deux en direction de l’allée.

Ella était rayonnante, tenant sa poupée contre son cœur, et agrippant de l’autre main sa mère. Elle jeta un coup d’œil à Wade qui était fier comme un paon de de les voir mises à l’honneur.

Scarlett s’amusa de cette situation incongrue : Quel retour en fanfare dans cette ville maniérée !

Les premières tablées qui avaient le privilège d’admirer, avant les autres, les détails de la toilette hallucinante de Scarlett, furent abasourdies par la similitude des tenues du maître des lieux et de sa cavalière.

On entendit : « Regardez ! Le gilet de Duncan Vayton est de la même couleur émeraude que les éclairs de la jeune femme. » Une autre dame commenta : « Vous avez raison : Quel souci du détail sur sa lavallière, le même éclair brodé. Et notre célèbre vert Charleston arboré fièrement sur eux deux. » Elle conclut : « Quel couple merveilleusement assorti ! Ils sont jeunes, ils sont beaux ! »

Ces éloges furent amplement entendus par les membres de la table d’honneur.

Melina avait des étoiles dans les yeux. « Je suis tellement fière de mon frère. Madame O’Hara semble sortie d’un conte de fée. Elle brille de mille feux ! »

Cathleen la regarda, et acquiesça silencieusement. Comment ne ressent-elle pas la tension qui s’est abattue sur nous ?

Eleonor et Rosemary ne pipaient mot, scandalisées par la mise en valeur parmi « les leurs », dans leur chère ville, de cette femme qu’elles exécraient. Et pleinement conscientes du coup de tonnerre qui venait de frapper Rhett.

Celui-ci essayait de maîtriser les tremblements qui l’avaient envahi à la seconde où il l’avait vue, et qui redoublèrent avec encore plus d’intensité lorsque Duncan saisit le bras de Scarlett. Et maintenant, Ella les accompagnait. En famille…

Il a eu la vulgarité de faire en sorte que leurs tenues soient coordonnées. Comme un couple !

Il n’eut qu’une envie, celle de quitter la table et de fuir.

Mais il sentit peser sur lui le regard inquiet de sa mère. S’il agissait ainsi, elle ressentirait son départ comme un affront fait par les Butler aux Vayton. Et il serait à nouveau l’initiateur d’un scandale.

N’osant plus diriger sa vue sur Scarlett, de peur de craquer d’émotion, il jeta un œil noir sur l’homme qui enserrait tellement son bras autour du sien que leurs hanches étaient obligées de se frôler.

Depuis la première fois qu’il avait vu Scarlett, Rhett n’avait jamais été confronté à une rivalité officielle avec d’autres hommes. Bien sûr, il y avait Wilkes, mais tout se passait dans le non-dit. Grâce à Miss Melly, ce pleutre avait été obligé de cacher en public ses pulsions obscènes. Les autres hommes, les nombreux admirateurs qui avaient entouré Scarlett, avant et après leur mariage, ne comptaient pas pour elle. Ils n’avaient eu droit qu’à des miettes de ses minauderies, pour mieux s’entraîner à faire ses griffes sur « son Ashley ». Même si ses airs de coquette mettaient secrètement Rhett en rage, il savait qu’il n’avait rien à craindre de tous ces mâles entreprenants.

Mais, pour la première fois, Scarlett s’affichait ouvertement au bras d’un autre homme.

Le pire, c’est qu’elle en avait le droit. Elle était divorcée…

 Et quel homme ! Rosemary n’avait cessé de lui rabâcher les oreilles avec leur voisin. « Tellement beau, si jeune, si intelligent, si talentueux, si riche, horriblement riche, parmi les dix plus riches d’Amérique, si généreux, si respecté de tous, tellement…, tellement… »

Rhett dut se refreiner. Ou sinon il allait fracasser tout ce qui se trouvait devant lui, ou sinon il allait irrémédiablement défigurer ce vaniteux blondinet avec son air de conquérant, un coq paradant comme si Scarlett lui appartenait déjà.

La Princesse d’Atlanta, la Foudre de Géorgie et son Prince Charmant marchaient majestueusement devant les plus dignes représentants de la Caroline du Sud.

Duncan surprit quelques regards inquisiteurs furtifs dans la direction de Scarlett. Sans doute provenant de ceux qui avaient entendu parler de Madame Butler. Au diable tous ! Scarlett leur est supérieure en tous points

En réaction, il resserra encore plus son étreinte, au point que cela aurait pu être jugé indécent – si ce comportement n’était pas venu de l’héritier Vayton, la famille la plus respectée et respectable du Vieux Sud.

Scarlett repéra ses tantes, au milieu d’autres vieilles dames. Elles étaient sidérées ! Notre nièce, dont les actions ont été toujours soumises à caution – avec raison – pensa Eulalie, la fille de ce paysan d’O’Hara, mise à l’honneur par le meilleur d’entre tous les gentlemen de Charleston !  C’était tout bonnement incompréhensible.

 

Scarlett, feignant l’innocence, s’amusa à leur faire un petit signe de reconnaissance. Ce jour est celui de ma revanche ! décréta-t-elle.

Leur nièce n’eut aucun mal à lire dans leurs pensées. Elle leur adressa son meilleur sourire hypocrite, imité aussitôt par Duncan qui avait compris, à la réaction de sa cavalière, qu’il s’agissait des Dames Robillard. Il devait s’en faire des alliées.

On entendait des remarques extatiques sur le chef d’œuvre du grand couturier. On s’ébaudissait de la richesse des broderies. On essayait de percer le mystère de fabrication qui avait transformé cette séduisante dame en diamant, tant elle scintillait de la tête aux pieds.

John héla sans autre façon son camarade de jeunesse. « Fantastique ! » clama-t-il en français, en exagérant son accent, pour forcer le trait du grand couturier parisien. « Félicitations ! Tu es décidément le meilleur. »

Sa remarque fut immédiatement approuvée par ses autres amis d’enfance présents à côté de lui. Duncan lui fit un petit signe, dont seul John connaissait la signification, un langage qu’ils avaient élaborés à l’école, lorsqu’ils voulaient communiquer à l’insu des autres élèves.

Rebecca, elle aussi, avait déchiffré leurs codes. Mais elle n’avait plus le cœur à jouer. Comment cette étrangère osait-elle se pavaner au bras de son amant ? Il est à moi. Qui que vous soyez, vous n’aurez aucune chance qu’il tombe dans vos griffes ! 

Le trio s’en retournait, satisfait de cette récolte de louanges qui affluaient encore.

« Oh ! Regardez la Princesse d’Atlanta. Avec sa poupée jumelle et la pluie d’étoiles sur sa robe, elle ressemble à un ange ! »

 Ella ne comprit pas d’où avait surgi cet incroyable compliment, mais elle en devint rouge de plaisir. Elle regarda sa mère qui hocha simplement la tête en signe d’assentiment. Mère est fière de moi.  Ce constat était si inespéré qu’elle se serra un peu plus contre la robe dorée.

Ils entendirent distinctement une jeune voix féminine : « Ils ressemblent à un couple sorti d’un conte de fée. Comme ils sont beaux ! »

L’émail des dents blanches de Duncan brilla sous la moustache en demandant à Scarlett : « Qu’en pensez-vous ? Ils ont raison, n’est-ce pas ? »

Scarlett profita de l’occasion. Elle baissa la voix le plus possible pour être certaine que personne ne puisse deviner ses paroles. «Vous êtes un doux rêveur, mon cher Duncan. Tellement rêveur que vous avez omis de me révéler une ou deux informations. » Son ton était léger. Mais l’allusion était suffisamment limpide pour que Duncan pâlisse.

Un accès de panique, la peur que tout s’effondre devant ses mensonges, qu’elle mette en terme à leur histoire qui n’avait pas encore commencé… Duncan se sentit coincé dans un étau. Il prit une profonde respiration et la regarda droit dans les yeux : « Scarlett, je vais tout vous expliquer. Dans une minute, si vous me le permettez. »

« Une minute ? Devant tout ce monde ? »

Elle n’eut pas le temps de se moquer de sa réponse. Le trio était revenu à son point de départ, en bas des marches.

Duncan se saisit du pavillon amplificateur et s’adressa à l’assistance.

«Mes chers amis, ma famille et moi-même vous remercions chaudement de nous avoir fait l’honneur de répondre à notre invitation. Comme vous l’avez déjà compris, cette soirée est un vibrant hommage à la beauté de notre Vieux Sud, que nous tous aimons tant ! Vous en avez eu un grand aperçu à travers la collection que j’ai créée spécifiquement pour Charleston et la Caroline du Sud. »

« Je suis très touché que vous ayez apprécié ce défilé de mode personnifié par les élégantes jeunes femmes ici présentes. » D’un geste de la main, il désignait les modèles réunies derrière lui sur le balcon. « Je tiens, en cet instant, à rendre hommage à l’employeur de ces talentueuses mannequins, Monsieur Alexander Turney Stewart, propriétaire du célèbre Iron Palace de New York, mon ami, qui vient de s’éteindre le 10 avril. (*8) » Ses employées applaudirent respectueusement.

Duncan reprit plus légèrement : « Dans les minutes qui viennent, vous aurez droit à d’autres surprises. N’ayez crainte ! L’intermède sera court, de façon à ce que vous puissiez enfin goûter à nos appétissants buffets froid et chaud. » Cette dernière phrase fut saluée, surtout par les messieurs présents. Les Dames du Sud continuaient par tradition, comme avant la guerre, à ne dévoiler qu’un modeste appétit.

Duncan n’avait toujours pas lâché la main de Scarlett. Il reprit : « Lorsque vous vous serez restaurés, je sais que vous serez ravis de danser aux rythmes de la musique que nous aimons tous ! »

De nouveaux applaudissements l’interrompirent un instant. Puis il continua : 

« Avant la reprise des festivités, laissez-moi remercier, du plus profond de mon cœur, celle sans qui je n’aurais jamais trouvé l’inspiration pour créer « Foudre de Géorgie », celle qui incarne ce soir la beauté et le prestige, celle qui est devenue la muse de « La Mode Duncan ! »

Regardant Scarlett dans les yeux, il annonça : « Madame Scarlett O’Hara ! »

Un concert de claquements de main et d’onomatopées admiratives lancés des quatre coins du jardin remplaça la musique qui s’était arrêtée, comme prévue, dès que Duncan Vayton rejoint l’estrade.

Le maître de la soirée ajouta, en s’adressant directement cette fois à Scarlett : « Je ne saurai jamais comment vous prouver ma gratitude d’avoir accepté de représenter la marque « La Mode Duncan », avec votre adorable fille, Ella, et votre fils Wade. C’est un immense honneur. »

Scarlett fut émue. Sincèrement émue. Depuis quand n’avait-elle pas reçu une telle reconnaissance ? Depuis… Jamais en fait.  Jamais Rhett ne m’a mis à l’honneur. Duncan vient de bousculer sa réputation en m’imposant dans son cercle protégé.

Il la fixait intensément, avec un air qui ressemblait à… Scarlett osa à peine formuler dans sa tête sa pensée. A quoi ? Pas à un simple épanchement. Non ! Ses yeux sont trop fixes, trop sombres. A de la passion ?

Elle n’eut plus loisir de continuer sa réflexion. Duncan achevait son hommage : « Scarlett, acceptez-vous de me faire l’honneur de partager cette danse avec moi ? »

Il avait lâché le cornet métallique et s’était plié en deux pour lui baiser la main. Un seul battement des paupières suffit à Scarlett pour donner son accord.

Il l’entraîna vers la piste de danse sous les acclamations. Puis le silence se fit.

L’orchestre émit les premières notes de « Lorena » cette fois-ci enveloppée par la voix veloutée du chanteur.

Rhett serra les dents si fortement que Roselyne fut presque apeurée par la dureté de ses traits.

Les jointures de ses poings refermés étaient blanches, tant l’intensité de sa rage était grande. Il s’obligea à les immobiliser sur les cuisses. Prêt au combat !

ooooOOoooo

 

Auteur : Arlette Dambron.

 

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Lisez la suite de cette soirée enchanteresse à Charleston : chapitre 24 : Tous les deux seuls au monde

Lors d'une soirée féerique à Charleston en 1876, Scarlett O'Hara et son Prince de la Mode Duncan Vayton dansent au 26 South Battery, alors que Rhett Butler les regarde. Roman The Boutique Robillard, fan fiction d'Autant en Emporte le Vent.
Lors d'une soirée féerique à Charleston en 1876, Scarlett O'Hara et son Prince de la Mode Duncan Vayton dansent au 26 South Battery, alors que Rhett Butler les regarde. Roman The Boutique Robillard, fan fiction d'Autant en Emporte le Vent.

 

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Notes de fin de chapitre :

Vous pouvez visualiser les seize modèles tels que je les ai imaginés et concrétisés en mode graphique avec un programme de traitement de photos (pas Photoshop, malheureusement pour moi et les longues journées de travail…) La forme brute des robes est celle de la « pièce maîtresse », appelée « Electric Light » de Charles Frederick Worth. Pour plus d’images détaillées et d’information sur la robe de Charles Frederick Worth, consultez le chapitre 24 de mon blog, Le Quinzième Modèle.

Seul le seizième modèle porté dans le roman par Scarlett, correspond à la véritable robe «Electric Light » avec la couleur du tissu et les draperies. Toutefois, j’ai adapté les détails du bustier et des broderies, car ils n’étaient pas précis sur les photographies d’archives. Si je vous avouais que j’ai reconstitué, pixel par pixel, chaque paillette en trois teintes, perles blanches, émeraude et jade !  

Le visage commun aux quatorze modèles est celui de Scarlett arrivant à l’anniversaire d’Ashley. A cette occasion, elle a les mains enveloppées dans un châle, d’où l’attitude des quatorze dessins. La chevelure est celle de Scarlett lorsqu’elle est installée dans sa chambre. Pour Ella, j’ai emprunté le visage d’un tableau fait par Etienne Adolphe Piot (1850-1910).

(*1) La demeure illuminée du Siège de « La Mode Duncan » : Je me suis inspirée d'une maison de style italien au 26, South Battery, sur le front de mer de Charleston (identique à l’adresse du siège e La Mode Duncan). J'ai utilisé les photos disponibles le plus fidèlement possible pour décrire l'extérieur et l'intérieur de la Maison de Couture de Duncan Vayton, la façade, les dépendances (l’atelier de couture et la maison de Blanche), et également pour « voir » les mannequins tournant autour des loggias illuminées. Toutefois, j’ai fait une modification importante, en créant une porte, sur les deux étages, donnant accès directement côté jardin. Cette maison historique est dénommée Colonel John Algernon Sydney Ashe House. : Visitez le siège de "La Mode Duncan", situé au 26 South Battery.

Regardez les photos sur les sites de :  Loc's Public domain archive - https://loc.getarchive.net/media/colonel-john-algernon-sydney-ashe-house-26-south-battery-charleston-charleston-4

Charleston homes-for-sale (actually sold)  https://www.vyllahome.com/homes-for-sale/26-South-Battery-Charleston-SC-29401-237534486

 

(*2)Morceaux de musique joués par l’orchestre : les instruments indiqués dans le roman ne correspondent pas exactement à ceux figurant dans les extraits de youtube. Mais ces vidéos vous permettront de « vivre en direct » la soirée chez Duncan Vayton.

« Carolina » – musique Armand Edward Blackmar, éditeur de musique -  Ecrit peu de temps après la fin de la guerre civile, cette chanson triste raconte comment les Etats de l’Union, mais également les Etats configurés, choisirrent de blâmer la Caroline du Sud pour avoir ouvert les hostilités à Fort Sumter – Youtube, Carolina, Tom Roush -https://www.youtube.com/watch?v=bbwjARzTqAA&list=LL&index=18

 

(*3) Les fleurs et les oiseaux symboliques ont été sélectionnés par chaque Etat d’Amérique au début du XXe siècle. Ce qui implique qu’ils avaient un sens particulier au XIXe siècle, et existaient à profusion, dans ces Etats du Sud.

(*4) Parure en émeraudes et diamants : les pendants d’oreilles et le collier sont eux appartenant à Elizabeth Taylor.

 

 (*5) Aura Lea, 1861, musique George R.Poulton – version instrumentale piano : Youtube, Aura Lee, John Falloon - https://www.youtube.com/watch?v=t5rMURQTvas

Version instrumentale au violon avec images des soldats de la Guerre de Sécession : https://www.youtube.com/watch?v=QJVSlskPgaY&list=LL&index=2

 (*6) Aura Lea (ou Aura Lee), 1861 musique George R. Poulton – Populaire parmi les soldats sudistes et nordistes. La chanson dont s’est inspiré Elvis Presley pour « Love Me Tender » – Version instrumentale, Youtube, Aura Lee, James Ledrick – https://www.youtube.com/watch?v=QJVSlskPgaY&list=LL&index=1

 

(*7) Lorena, 1857 – musique Joseph Philbrick Webster - version instrumentale au violon (et piano) – You Tube Lorena · Appalachian Mountain Fiddler, Blaine Sprouse, https://www.youtube.com/watch?v=CBBBP0Z_g7M

(*8) Alexander Turney Stewart, propriétaire de l’Iron Palace, New York. 12 octobre 1803 – 10 avril 1876.  Consultez le chapitre 14, Foudroyé au premier regard, pour plus de détails sur ce célèbre magasin new yorkais.

 

 

Relisez le roman à partir du chapitre 1. Le divorce

Rhett Butler extorque un divorce à Scarlett O'hara.

 

 

Commentaires des lecteurs sur mon roman "The Boutique Robillard" sur fanfiction.net et archiveonourown.org - Chapitre 23 :

Sul. (Archive on Your Own) 19 juin 2021  : C'était écrit comme un poème, cela ressemblait presque à un second « Rêve d'Une nuit d'Eté » par un autre barde, des couleurs si éclatantes dans les mots écrits : absolument fantastique !

J'aurais aimé pouvoir le lire en français !

Sul. avec la bouche légèrement ouverte... 👍👏😲

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Invité Chapitre 23 . 23 juin : J'espère que Duncan ne laissera pas tomber Scarlett dans cette histoire. J'espère aussi que Scarlett ouvrira à nouveau les yeux et réalisera que ses sentiments pour Rhett ont pris la même direction que ceux qu'elle éprouvait pour Ashley.

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Invité Chapitre 23 . 23 juin : Mise à jour maintenant ! S'il vous plaît ! Cette histoire est si bonne ! Je ne peux pas attendre que Rhett et Scarlett se parlent vraiment. Je meurs d'envie de savoir comment ça se passe !

Anonyme chapitre 23 . 23 juin : J'espère que c'est un moment de réflexion pour Rhett. Il doit se ressaisir rapidement avant de perdre Scarlett. Duncan s'est juste entiché de Scarlett. Lorsqu'ils se sont rencontrés, elle s'est manifestement bien comportée pour conclure l'affaire, et l'homme n'a aucune idée de qui elle est vraiment. Ils n'ont passé que peu de temps ensemble, il a donc l'illusion qu'elle est un être parfait. Scarlett a manifestement fait de grands progrès pour devenir une meilleure personne, mais cela ne change pas l'essence de son caractère. Si Duncan voyait les défauts de Scarlett et tout le reste, il s'enfuirait. J'aime Scarlett, mais elle mangerait Duncan tout cru. Il n'est pas différent d'Ashley pour moi. Elle est faite pour Rhett et personne d'autre. Il y a trop d'histoire et d'alchimie entre Rhett et Scarlett pour les ignorer.

Dun ? chapitre 23 . juin 22 : J'espère que Duncan fera comprendre à Rebecca que leur relation est terminée. Duncan doit expliquer la situation à Scarlett avant que cette dernière ne l'apprenne par d'autres personnes. Je pense que Rebecca (pas Roselyn) peut épouser Rhett parce qu'elle peut se tenir contre quelqu'un comme Rhett et ne sera jamais triste et brisée comme Scarlett l'est devenue à la fin d’Autant en Emporte le Vent, et après dans votre histoire (quand Rhett a fait de la vie de Scarlett un enfer pour qu'elle signe les papiers du divorce). Rhett est un poison et il semble que Rebecca soit pareille, ils sont donc parfaits l'un pour l'autre !

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Gab ? Archive on your Own Chapter 23 22 Juin 2021 : fantastique ! J’adore la réaction de Rhett ! J’apprécie beaucoup votre histoire, très bien écrite ;

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Dunl ? chapitre 23 . juin 22 : Quel chapitre délicieux ! Merci d'avoir écrit cette œuvre d'art. J'aurais aimé être là et voir les robes et la fête de là-bas. Oh ! Quelle joie ! () J'espère qu'Ella et Wade, pour une fois, ne montreront pas leur joie de voir Rhett là. Parce que vraiment, il n'a jamais été le père dont ils avaient besoin. Il ne les a jamais protégés, ni leur réputation, il a ruiné leur réputation en même temps que celle de Scarlett (avant Bonny et après elle). Et quand Bonny était en vie, elle était le numéro un dans sa vie, jamais les autres enfants de Scarlett. Ils méritent un vrai homme et un vrai père dans leur vie. D'après la façon dont se déroule votre histoire, Duncan est le meilleur. Il traite ces bons enfants avec respect et non seulement il fait briller Scarlett devant la société d'élite de Charleston d'une bonne manière (une chose que Rhett n'a jamais fait) mais il fait aussi une bonne introduction d'Ella et Wade qui sera si bonne pour leur avenir. Il fait également en sorte qu'Ella se sente belle et une véritable princesse et que Wade soit un vrai gentleman (ce que Rhett n'a jamais réussi à leur faire ressentir, surtout à Ella, car la première fois qu'il a vu Ella, un bébé, il n'a pas hésité à lui faire remarquer à quel point elle était laide. Dans sa vie, il y a toujours eu Bonny ceci, Bonny cela, Bonny Bonny...) Vieil homme, tu ferais mieux de t'asseoir et de laisser les jeunes (Scarlett et Duncan) jouer. Laisse Scarlett avoir un mari jeune, beau, respectable, intelligent, Duncan, qui apprécie la beauté de Scarlett, son esprit intelligent et ses réalisations si tu aimes vraiment Scarlett. Tu as perdu ta chance, comme tu l'as dit à Scarlett, les morceaux sont cassés ! J'envoie Scarlett avec Duncan ! Allez Dunlett ! ;-) Merci d'avoir créé un OC personnage original qui est plus sympathique que les hommes de d’Autant en Emporte le Vent (désolé Margaret Mitchell). Je me ronge les ongles jusqu'à la prochaine mise à jour !

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Invité Chapitre invité 23 . 21 juin : Superbe chapitre ! J'ai hâte de voir Rhett se battre pour gagner Scarlett. Je suis également curieux de voir ce que Rebecca va faire. J'espère qu'elle finira enceinte, forçant Duncan à l'épouser. J'espère que Roselyn sera effrayée par la réaction de Rhett et commencera à chercher un autre homme (plus proche en âge, j'espère).

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Invité Chapitre invité 23 . 21 juin : Sachez que vos efforts n'ont pas été vains, ce chapitre était tout simplement sublime. Je suis si heureuse de ne pas le lire lorsqu'il sera terminé, car je m'y perdrais, comme dans tout bon roman, et je ne ferais rien ! Je suis impressionnée par le fait que vous écriviez des chapitres aussi fabuleux semaine après semaine. La préparation de ce chapitre a été tout simplement délicieuse. La conversation visuelle de 15 ans d'amour, de douleur et de souffrance pour tous les deux était incroyablement bien faite. Pauvre Rhett ! Je pense presque qu'il aurait été plus gentil de lui faire faire une crise cardiaque, mais je me souviens ensuite de la façon odieuse dont il a traité Scarlett au début de l'histoire, alors non, il doit souffrir davantage. Il doit faire preuve d'une grande finesse, le cœur de Scarlett peut encore éprouver des sentiments pour lui, mais son cerveau lui rappellera toutes les injustices qu'elle a subies de la part de Rhett. Il doit rester fermement gentil avec elle, peu importe ce que l'avenir lui réserve. J'ai hâte de voir comment vous gérez la réponse d'Ella à Rhett, j'espère qu'elle est euphorique, envoyant ainsi un message à Duncan que Rhett est profondément ancré dans son cœur. Wade, je crains que non. Rhett doit contrôler sa consommation d'alcool et sa jalousie, vous avez si bien souligné qu'il n'a jamais vu Scarlett dans les bras d'un autre homme auparavant, peut-être qu'il peut réclamer une danse à Ella si Duncan continue à réclamer Scarlett. Je crains que Rhett ne souffre encore du syndrome du "petit garçon perdu" et qu'il veuille trop plaire à sa mère. Encore une fois, je vous remercie pour votre travail et j'attends patiemment la suite des événements. Enfin, j'ai écouté les clips YouTube, de la belle musique que je ne connaissais pas, alors merci d'éduquer et de divertir si brillamment. C'était votre plus grand chapitre, donc je vous ai donné ma plus grande critique.

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Chri ? chapitre 23 . 21 juin : ENFIN ! Ce chapitre valait vraiment la peine d'attendre. Vos descriptions de tout étaient si belles. J'attends toujours avec impatience vos mises à jour. Vous avez réussi ce que peu d'autres ont pu faire, c'est-à-dire créer une dynamique et faire en sorte que le lecteur attende avec impatience l'un des points culminants sans perdre sa patience ou son intérêt. Vous ne l'avez pas fait traîner en longueur, ce dont je vous remercie beaucoup. Tant d'histoires d’Autant en Emporte le Vent ont commencé avec cette prémisse de Rhett luttant pour récupérer Scarlett mais elles ont été abandonnées. J'ai hésité à lire votre roman pour cette raison. Je suis si heureuse d'avoir choisi d'ignorer ma réticence. Vous avez ici une histoire brillante qui m'a rendu absolument accro. J'attends avec impatience la prochaine mise à jour ! Ma partie préférée de cette mise à jour était la dernière ligne... Prêt à se battre ... Oh oui, c'est parti, nous sommes tous prêts ! Bien fait, très bien fait.

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Invité Chapitre invité 23 . 21 juin : Un chapitre intéressant ! J'ai hâte de voir ce qui se passera quand la première danse sera terminée. J'espère que Rhett et Scarlett partageront quelques danses. Je me demande ce que la mère de Rhett et les mères de Duncan diront à leurs fils au sujet de Scarlett. S'il vous plaît mettre à jour bientôt ! Cela s'est terminé sur un tel cliffhanger !

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 Moo ? chapitre 23 . 21 juin : Oh wow. C'était incroyable ! J'ai dû poser mon appareil plusieurs fois, juste pour respirer. L'anticipation de Rhett et Scarlett se voyant l'un l'autre était si forte. Je suis si heureuse qu'elle ait tenu bon et n'ait pas faibli visuellement. J'aime le choc de la mère de Duncan quand Scarlett ne visite jamais la maison de sa belle-mère. J'ai aimé la façon dont Scarlett a réalisé que Duncan ne se soucie pas de ce que les gens pensent de Scarlett. Il a juste tout risqué pour elle. La première personne autre que Melly. Et Duncan lui a demandé de danser. Il y a tellement de bonnes choses que je ne peux pas toutes les nommer. Incroyable mise à jour !

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Bonni ? chapitre 23 . 21 juin : Grand chapitre ! Ma croisière de 2017 a été détournée vers Charleston par l'ouragan Irma. Je me souviens très bien de la magnifique Maison Rose. En vieillissant, j'aime davantage Scarlett. Je l'ai lu pour la première fois quand j'avais douze ans. Je n'ai pas réalisé à quel point elle était jeune. Dans cette chronologie, elle a environ 30 ans. Elle commence vraiment à s'affirmer. Rhett était tellement plus âgé. J'espère qu'il accepte l'ampleur de ses fautes dans leur relation ratée. Il doit, pour construire un nouveau départ, affronter ses propres démons.

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K ? on Chapter 23 Archive on your own, 20 Jun 2021 : vous m’étonnez à chaque fois. Je suis vraiment accrochée à cette histoire, et je suis impatiente de lire la suite. C’est le chapitre le mieux écrit. J’espère que Rhett va commencer à se rendre compte de ce qu’il a manqué.

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Tru. chapitre 23 . 19 juin 2021 : Le cadre, la musique de The South, les robes incroyablement belles et innovantes présentées par plus d'une douzaine de dames ont donné lieu à une soirée exquise. Un grand succès !

Wade et Ella se sont comportés de façon splendide. Scarlett a toujours voulu briller et Duncan l'a honorée avec classe et dignité.

Espérons que Rhett ne causera pas de troubles. Après tout, il a jeté son ex-femme, snobant Wade et Ella dans le processus.

Tu as créé un chef-d'œuvre primé, BlancheScarlett !

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Gab. chapitre 23 .  19 juin 2021 : GRAND CHAPITRE

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Mis. chapitre 23 . 19 juin 2021 : Oh mon Dieu, c'était tout simplement stupéfiant ! Rien que l'impact visuel ! J'espère vraiment que Rhett ne va pas gâcher la soirée, ce serait vraiment dommage ! Je ne peux pas attendre votre prochain chapitre ... .

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Tain. chapitre 23 . 19 juin 2021 : Ohhhhhh, ma soeur ! Qu'est-ce que c'était ce chapitre ? Je n'ai pas de mots pour ça, j'aime tellement quand Scarlett est admirée, comme Ducan l'admire, d'être mise au centre de tout, alors que Rhett ne l'avait même pas emmenée à Charleston. Et la réaction de Rhett ! Tellement bonne !

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Mis. chapitre 1 . 19 juin 2021 : Rhett doit apprendre à exprimer ses véritables sentiments. Il a caché son amour pour Scarlett pendant 12 ans par peur d'être blessé, tandis que Scarlett a couru chez elle pour lui avouer son amour dès qu'elle a réalisé qu'elle l'aimait. Scarlett n'a pas peur d'exprimer ses sentiments. Il doit grandir et changer, il sait déjà qu'il a fait une erreur en divorçant, il doit venir vers elle avec amour, respect et reconnaissance, et non avec jalousie et ressentiment. Il doit prendre l'initiative, parler et ouvrir son cœur. Pour dire qu'il s'est trompé avec le divorce qu'il regrette, il devra trouver le chemin vers les cœurs de Wade et Ella, pour revenir dans leur vie.

Et nous n'avons pas encore parlé de Bell ...

Et il doit prendre la responsabilité de purifier et de glorifier son nom aux yeux de sa famille et de sa communauté, tout comme Duncan l'a fait en cette soirée spéciale. Il peut commencer à le faire ce soir en l'invitant à danser avec lui.

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Mis ? chapitre 23 . 19 juin 2021 : Wow, la rencontre entre Rhett et Scarlett après une si longue rupture était électrisante.

Le choc et la nécessité de se battre pour l'amour de Scarlett sortiront Rhett d'une grave dépression et feront de lui un lion guerrier.

Cette soirée miraculeuse a été le coup d'envoi de la guerre de Scarlett.

Rhett n'abandonnera pas son seul amour et n'aura de cesse de le récupérer.

Les cœurs de ces deux-là sont liés par un lien fort. Rhett est totalement épris d'elle. Le divorce a été un acte de détresse mentale pendant une période de grand deuil et il regrette et ferait tout pour corriger son erreur et se faire pardonner de Scarlett.

Scarlett est également entière et aimante jusqu'au bout. Cela flattera beaucoup son ego lorsqu'elle réalisera que Rhett regrette le divorce. Je ne doute pas qu'elle choisira Rhett, mais pas avant qu'il ne subisse une grande agonie.

Duncan se battra mais réalisera à la fin que c'est une guerre perdue d'avance pour une femme dont le cœur est accroché à un autre.

Duncan avec toutes ses vertus n'est pas pour Scarlett. Elle a besoin d'un défi. J'attends avec impatience les épisodes suivants

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Whit. chapitre 23 . 19 juin 2021 : Woahhhhh c'était un chapitre étonnant et dramatiquement brillant ! Je suis tellement excitée par la danse Duncan-Scarlett et par la façon dont Rhett va se comporter pour le reste de la fête... Aussi, je suis actuellement dans la grande équipe Duncan. Ça ne me dérange pas s'il n'y a pas de happy end Rhett/Scarlett.

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Invité chapitre 23 . 19 juin 2021 : oOooh un tel chapitre, merci ! si beau que ce n'est pas assez ! J'ai hâte de voir leur interaction, pas seulement une rencontre ! et qu’est-ce que Rhett attendait de la réaction de Scarlett ? après ce que Roselyne a fait, n'a-t-il pas reconnu le sourire de Scarlett, n'a-t-il pas senti le bras de Roselyne ? c'est toute sa façon charmante de communiquer avec elle, c'est pourquoi elle a encore des illusions. J'espère que cette fois il ne sera pas stupide, qu'il n'essaiera pas de provoquer la jalousie de Scarlett en utilisant Roselyne. Duncan s'est montré un vrai homme. Oh mon Dieu, je suis tellement inquiète de les voir assis à la table ensemble

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jad. chapitre 23 . 19 juin 2021 : Cela fait plusieurs mois que je n'ai pas été aussi excité de lire un nouveau chapitre d'une histoire en cours. Vous ne m'avez pas déçu.

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Invité chapitre 23 . 19 juin 2021 : WOW !

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Invité chapitre 23 . 19 juin 2021 : Je ne suis pas sûr que la mère de Rhett penserait à Scarlett de cette façon, d'abord elle devrait être reconnaissante pour son aide pendant la guerre, aussi elle doit savoir que son fils n'est pas innocent non plus.

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  Scar. chapitre 23 . 19 juin 2021 : Bientôt Goood ! Que le feu d'artifice commence ! Ce sera intéressant car Rhett ne saura pas comment gérer cette version de Scarlett, j'en suis sûre. Et, il semble que Scarlett ne laissera plus personne se moquer d'elle, pas même Duncan. Tout en semblant couvrir ses arrières avec des déclarations publiques concernant l'aide de Scarlett, il semble qu'il y ait beaucoup de mystères laissés par cette nouvelle connaissance. J'espère que les chapitres 24 et 25 seront bientôt disponibles. Une histoire fantastique !

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Tif... chapitre 23 . 19 juin : L'arrivée spectaculaire de Scarlett ! Même si j'ai beaucoup de sympathie pour Rhett, je pense parfois que Duncan serait une très bonne personne pour Scarlett :), mais une autre partie de moi ne veut pas que le couple mythique soit définitivement séparé, oh là là ! J'ai hâte de lire la suite. Merci pour ce chapitre !

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